05/05/2012 14:03

Enquête: Les journalistes cibles des attaques des politiques en fin de campagne présidentielle

Par Karine ALBERTAZZI

Médias accusés de "parti-pris" par Nicolas Sarkozy, journalistes bousculés par des sympathisants UMP, incident entre Jean-Luc Mélenchon et "Le Petit Journal" de Canal+: des tensions sont apparues en fin de campagne entre médias et responsables ou militants politiques.

Jeudi, les journalistes de BFM-TV, Ruth Elkrief et Thierry Arnaud, ont été pris pour cible par des militants de l'UMP, lors du meeting de Nicolas Sarkozy à Toulon.

"Il y a une atmosphère assez désagréable tout autour de nous, puisque des militants nous agressent, nous prennent à parti, et sont assez méchants", a raconté, en direct à l'antenne, Ruth Elkrief.

Selon la journaliste, deux bouteilles remplies d'eau ont été projetées sur eux, l'une atteignant M. Arnaud au visage, et une trentaine de militants "énervés" les ont insultés. La rédaction a du ensuite interrompre son direct pendant quelques minutes.

Une agression similaire à celle subie mardi dernier par une journaliste de Mediapart, lors d'une autre réunion du candidat sortant, place du Trocadéro à Paris. Marine Turchi a raconté avoir été traitée de "sale gauchiste" par des militants et comment son badge, l'identifiant comme journaliste du site d'information, lui a été arraché par un homme puis jeté à terre. Elle a été ensuite "secouée", sans être blessée, lorsqu'elle a traversé la foule pour tenter de quitter les lieux.

Interrogé vendredi matin sur Europe 1 sur l'incident avec BFM TV, Nicolas Sarkozy s'est dit" désolé", tout en estimant que certains peuvent être "exaspérés par l'intolérance et le parti-pris". "La presse est libre. Je n'ai jamais attaqué la presse. Je dis simplement que lorsqu'il y a un certain systématisme, il y a certains (...) qui considèrent que l'équilibre n'est pas forcément toujours respecté", a-t-il dit. Vermine

Une argumentation reprise vendredi par Jean-François Copé. Pour le secrétaire général de l'UMP, "il y a une alliance objective entre des médias qui voulaient brûler celui qu'ils avaient adoré et M. Hollande".

"J'ai vu de mes yeux des reportages à la télé, des commentaires de journalistes qui étaient systématiquement dans le même sens", a-t-il lancé.

Mais les tensions touchent aussi l'autre côté de l'échiquier politique comme en témoigne un accrochage entre un journaliste du "Petit journal" de Canal+ et Jean-Luc Mélenchon dans le cortège du 1er mai.

"Au revoir, allez-vous en ! Vous êtes la vermine Front national. Allez hop ! du balai... Laissez pas le Front national approcher les camarades. Jetez ça ! Ça va les fachos ? Allez à votre manif là-bas, à Jeanne d'Arc", a lancé le leader du Front de gauche.

"Ce sont des animateurs et pas des journalistes qui font dans la provocation", s'est justifié vendredi M. Mélenchon, dont les relations avec l'équipe de cette émission sont difficiles depuis longtemps.

Pour l'historien de la presse, Patrik Eveno, "les politiques croient qu'ils vont avoir une belle image grâce aux médias".

"Dès qu'ils s'aperçoivent que les réalités, les sondages, ne sont pas ce qu'ils espèrent, ils se retournent contre les messagers en disant: +c'est la faute aux journalistes si les Français se retournent contre moi", analyse-t-il.

Suite à l'incident, la Direction de BFM TV a lancé un appel au Conseil supérieur de l'Audiovisuel "pour qu'il rappelle l'exigence intangible et non négociable du respect de la liberté de la presse pour la bonne tenue du débat démocratique".

La Fédération européenne des journalistes a quant à elle dénoncé les "nombreuses attaques" par Nicolas Sarkozy, qui portent atteinte selon elle "à la liberté d'information dans la patrie +des droits de l'homme+".

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Vos réactions

Portrait de GToto
5/mai/2012 - 20h23

"" Interrogé vendredi matin sur Europe 1 sur l'incident avec BFM TV, Nicolas Sarkozy s'est dit" désolé", tout en estimant que certains peuvent être "exaspérés par l'intolérance et le parti-pris". "La presse est libre. Je n'ai jamais attaqué la presse. Je dis simplement que lorsqu'il y a un certain systématisme, il y a certains (...) qui considèrent que l'équilibre n'est pas forcément toujours respecté", a-t-il dit. Vermine ""

Pourquoi le qualificatif "Vermine" à la fin ?????smiley

Portrait de GToto
5/mai/2012 - 20h19

C'est navrant d'avoir été agressif envers Thierry Arnaud, ce journaliste n'a pas de parti pris, je le trouve très professionel dans ses interventions, et ce, depuis que je le suis sur BFM, lorsqu'il présentait la bourse.

Concernant Ruth Elkrief, c'était bien inutile également, il y a moyen de manifester son mécontentement autrement que par des jets de bouteilles, la siffler aurait suffit, car il est vrai qu'elle a un favorit depuis le départ, ça en transpire à l'antenne lors de certains de ses directs.

Portrait de tanger
5/mai/2012 - 19h38
jeyfromparis88 a écrit :

C'est une honte cet article : en le publiant, vous confirmez le parti pri !!! 

Et ces unes de presse contre Nicolas Sarkozy, ce n'est pas du parti pri non plus j'imagine... en tant que jeune journaliste, j'ai honte pour la profession !!!! 

vous etes jeune journaliste ! résumé votre propos j ai rien compris il vous reste combien d année pour devenir journaliste c est surement nécessaire

Portrait de bruno.13
5/mai/2012 - 18h47

La presse n'a qu'à s'en tenir à son rôle d'information et ne pas afficher ses préférences socialistes tel qu'elle l'a fait au cours de cette campagne. Ils ne veulent pas qu'on les plaigne en plus?

Portrait de tofee
5/mai/2012 - 18h19

j'espere vraiment que demain les resultats vont donner tort à tous ces journalistes et leur montrer que les français ne se laissent pas manipuler ni dicter leur vote !!

cela fait 5 ans qu'ils font de la desinformation et depuis quelques jours leur parti pris est flagrant notamment sur bfm et sur la 5 avec le journaliste patrick cohen .

Portrait de FCL56
5/mai/2012 - 16h50
entre nous a écrit :

Tous, je dis bien tous qui s'en prennent à la presse de manière violente et ceux qui les y insitent sont la honte de la démocratie!

 

La honte ne serait-elle pas plutôt pour les journalistessmiley

Portrait de FCL56
5/mai/2012 - 16h47

Reconnaitre qu'ils sont engagés politiquement et tous à gauche, c'est trop dur !

Conséquence, ils recoltent ce qu'ils ont semés. Un tel acharnement depuis 2007 et les électeurs ont transformés leurs jugements en colère contre les médias. Tant pis pour eux, qu'ils changent et ils retrouveront du respect

Portrait de Baby-hugs-bear
5/mai/2012 - 15h51

Et après ils veulent donner des leçons de moralité ...

Portrait de tanger
5/mai/2012 - 15h19
Micky88 a écrit :

Les journalistes auront perdu une crédibilité incroyable pendant cette période électorale. Ils étaient déjà pris à parti dans les manifestations et démonstrations populaires et doivent de plus en plus être protégés par les services d'ordre des syndicats mais là, qu'ils ne viennent pas se plaindre. Les Français sont loin d'être des imbéciles et ont en horreur d'être pris pour des demeurés. Ils mettent en doute chaque information, chaque image, à tel point que ce sont les journalistes de radio qui sont considérés comme les plus crédibles. Et pourquoi ? Parce que l'on sait que si on écoute RTL, on aura plutôt une approche Majorité actuelle, si on écoute France Inter, on a la gauche dans toute la splendeur que peut apporter un service public de fonctionnaires et si on écoute Europe 1, c'est l'éternel grand écart. BFM/RMC serait sans doute les plus objectifs. Mais il reste néanmoins inadmissible que des journalistes d'opinion (pour ne pas dire des militants syndicaux cf. des Pulvar par exemple) puissent utiliser leur carte de presse comme une carte de membre d'un parti assénant des contre-vérités sans utiliser la précaution d'usage qui serait de dire : "je pense que"... Même le décrié Zemmour énonce ses points de vue en expliquant bien qu'ils sont le fruit de ses pensées et non de l'information qui se voudrait objective.

info info info PULVAR n a rien dit cette semaine oufffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff

Portrait de Micky88
5/mai/2012 - 15h03

Les journalistes auront perdu une crédibilité incroyable pendant cette période électorale. Ils étaient déjà pris à parti dans les manifestations et démonstrations populaires et doivent de plus en plus être protégés par les services d'ordre des syndicats mais là, qu'ils ne viennent pas se plaindre. Les Français sont loin d'être des imbéciles et ont en horreur d'être pris pour des demeurés. Ils mettent en doute chaque information, chaque image, à tel point que ce sont les journalistes de radio qui sont considérés comme les plus crédibles. Et pourquoi ? Parce que l'on sait que si on écoute RTL, on aura plutôt une approche Majorité actuelle, si on écoute France Inter, on a la gauche dans toute la splendeur que peut apporter un service public de fonctionnaires et si on écoute Europe 1, c'est l'éternel grand écart. BFM/RMC serait sans doute les plus objectifs. Mais il reste néanmoins inadmissible que des journalistes d'opinion (pour ne pas dire des militants syndicaux cf. des Pulvar par exemple) puissent utiliser leur carte de presse comme une carte de membre d'un parti assénant des contre-vérités sans utiliser la précaution d'usage qui serait de dire : "je pense que"... Même le décrié Zemmour énonce ses points de vue en expliquant bien qu'ils sont le fruit de ses pensées et non de l'information qui se voudrait objective.

Portrait de ulysse31
5/mai/2012 - 15h00
konifl a écrit :

Lorsque des journalistes se comportent comme des militants, ils déclenchent les réactions d'autres militants. Le métier de journaliste consiste à rendre compte de l'information, dans le cadre d'une charte des journalistes. (Charte de Munich de 1973) Il suffit de lire la charte pour constater qu'elle est bafouée bien souvent. Si les journalistes veulent du respect, il convient qu'ils commencent par respecter la déontologie de leur profession. Jadis dans les journaux l'éditorial donnait le sentiment profond et le parti pris de son auteur. Aujourd'hui c'est le journal complet qui est un éditorial. Jadis l'information était la règle; Aujourd'hui c'est la désinformation, le trucage des faits par une relation tronquée, les caméras cachées, l'infiltration puis la délation sans preuve. Il faudrait que dans les écoles de journalisme on enseigne : "on récolte ce que l'on sème". Lorsque les journalistes se comporteront selon leur charte, ils récolteront du respect pour leur métier essentiel à la démocratie.

 

Merci de votre post très juste, le plus flagrant des journalistes militants étant Audrey Pulvar chez Ruquier et Ruth Krief sur BFM

Portrait de tanger
5/mai/2012 - 14h56
chtimi9 a écrit :

Je pense que les journalistes souffrent des prises de positions trop voyantes de la majorité d'entre eux.

Autant je l'accepte de la presse écrite car on sait quel journal on achète, autant je suis beaucoup moins réceptif et favorable aux prises de positions en radio et sur la TV pour lesquels le choix n'est pas aussi évident.

ok ok et surtout sur des radios dépendant de notre redevance( entendre clark sur france inter elle devrait  radio etre  sur radio hollande)

Portrait de tanger
5/mai/2012 - 14h48

BFM BIENTOT + NUMERO 1

Portrait de tanger
5/mai/2012 - 14h43
konifl a écrit :

Lorsque des journalistes se comportent comme des militants, ils déclenchent les réactions d'autres militants. Le métier de journaliste consiste à rendre compte de l'information, dans le cadre d'une charte des journalistes. (Charte de Munich de 1973) Il suffit de lire la charte pour constater qu'elle est bafouée bien souvent. Si les journalistes veulent du respect, il convient qu'ils commencent par respecter la déontologie de leur profession. Jadis dans les journaux l'éditorial donnait le sentiment profond et le parti pris de son auteur. Aujourd'hui c'est le journal complet qui est un éditorial. Jadis l'information était la règle; Aujourd'hui c'est la désinformation, le trucage des faits par une relation tronquée, les caméras cachées, l'infiltration puis la délation sans preuve. Il faudrait que dans les écoles de journalisme on enseigne : "on récolte ce que l'on sème". Lorsque les journalistes se comporteront selon leur charte, ils récolteront du respect pour leur métier essentiel à la démocratie.

tout est dit

Portrait de chtimi9
5/mai/2012 - 14h26

Je pense que les journalistes souffrent des prises de positions trop voyantes de la majorité d'entre eux.

Autant je l'accepte de la presse écrite car on sait quel journal on achète, autant je suis beaucoup moins réceptif et favorable aux prises de positions en radio et sur la TV pour lesquels le choix n'est pas aussi évident.