16/06/2011 10:05

Fr2: Les fast-food déboutés contre un sujet diffusé ce soir

Le Syndicat national de l'alimentation et de la restauration rapide (Snarr) et l'enseigne de fast-food Quick ont perdu les poursuites qu'ils avaient engagées contre un reportage qui doit être diffusé ce jeudi soir sur France 2 et intitulé "Restauration rapide: alerte en cuisine!". 

Devant le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris, le Snarr et la société Quick ont réclamé dans la matinée de mercredi la modification du titre et le visionnage immédiat du reportage commandé par l'émission "Envoyé Spécial", en vue de censurer d'éventuels passages. 

Face à eux, France Télévision et le producteur Kaliste avaient hurlé à la censure et rappelé qu'en France, il n'existe "pas de contrôle préalable des émissions télévisées". 

Dans une ordonnance rendue en fin d'après-midi, le juge Joël Boyer leur a donné raison, considérant qu'un "droit de regard systématique" sur un reportage avant sa diffusion "ferait peser" sur la presse "une contrainte contraire à l'équilibre que le législateur a souhaité instituer (...) entre liberté de l'information et protection des droits d'autrui". 

La presse, a rappelé le magistrat, doit "répondre a posteriori des abus de cette liberté". Le Snarr et Quick devront verser à France Télévisions et Kaliste 6.000 euros de frais de justice. 

Dans la matinée, les avocats du Snarr et de Quick s'étaient dit préoccupés par le titre du documentaire, "alarmiste et sensationnaliste", ainsi que par un communiqué de France Télévisions faisant un lien entre le reportage et la mort en janvier d'un adolescent quelques heures après avoir consommé un repas au Quick d'Avignon. 

L'avocat de Quick, Me Jean Reinhart, avait déploré "la légèreté" de ce communiqué qui, selon lui, viole la présomption d'innocence de son client alors qu'"à cette heure, rien ne prouve de façon certaine que c'est ce dîner qui a engendré la mort de ce jeune adolescent". D'ailleurs, avait-il argué, "on ne meurt jamais 15 heures après avoir ingéré un aliment", sauf en cas d'allergie. 

"Le droit d'informer, ce n'est pas le droit de jeter en pâture Quick et l'ensemble de ses salariés", avait-il complété.

"On ne peut pas jeter l'opprobre sur 30.000 établissements!", avait renchéri le président du Snarr, Hubert Vilmer.  En face, la défense de Kaliste avait brocardé ce "référé préventif". Selon Me Richard Malka, ni le Snarr ni Quick ne sont concernés par le reportage, qui s'est focalisé sur deux autres enseignes de restauration rapide. 

"Il n'y a pas d'action préventive. C'est antinomique avec la liberté d'informer", avait pesté Me Malka. Si l'on autorisait de telles actions, "vous n'auriez plus un documentaire, plus une enquête, plus un livre!", a-t-il mis en garde, avant de déplorer que la restauration rapide soit "un des sujets les plus difficiles, sur lesquels on ne peut jamais rien diffuser".

"Les lobbyings sont énormes et les menaces sont constantes", a-t-il affirmé.

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