05/06/2011 17:01

Le journaliste, "travailleur fatigué, inquiet et bousculé"

L'hebdomadaire Marianne publie sur son site internet une enquête sur "Le travail réel des journalistes", qui décrit "un travailleur fatigué, inquiet et bousculé". 

L'enquête a été menée par le cabinet d'études Technologia, qui avait réalisé un rapport sur la souffrance au travail à France Télécom, en partenariat avec le Syndicat national des journalistes (SNJ). 

Pour ce cabinet, l'enjeu était "de faire le lien entre la précarisation du métier (délais raccourcis, sujets multiples à traiter, insécurité de l'emploi...) et les menaces pesant sur l'indépendance (présence des groupes industriels, interventions politiques...)". 

Technologia a élaboré un questionnaire adressé par mail en juin 2010 à quelque 7.000 journalistes, dont 1.070 ont répondu. Parallèlement, plus de 100 entretiens individuels et collectifs ont été organisés.  Il y a aujourd'hui plus de 37.000 journalistes titulaires de la carte de presse.  Plus de la moitié des journalistes ayant répondu au questionnaire sont des "reporters rédacteurs". 69% travaillent en CDI et près d'un tiers "évolue dans une situation précaire (CDD, pige...)". 

Les trois-quarts des journalistes interrogés travaillent en presse écrite. L'information Web vient en seconde position (19%), "soulignant l'émergence de ces nouveaux supports. Viennent ensuite la télévision (16%) et la radio (16%). 

La profession des journalistes, "percutée de toute part", "vit actuellement trois profondes mutations", souligne le cabinet: "profonde rupture dans les modes de consommation des lecteurs, mais aussi des auditeurs et des téléspectateurs"; mutation "du modèle économique"; "rupture dans le métier": "les journalistes ne sont plus les seuls à traiter les +nouvelles+ et parfois l'événement peut même se passer d'eux". 

68% des répondants estiment être contraints de travailler plus vite qu'avant, 73% déclarent que leur charge de travail a augmenté ces dernières années et 55% considèrent que leur travail a une incidence négative sur leur santé. 

"Le développement des nouvelles technologies a multiplié les sources et les supports d'information, ce qui rend le travail des journalistes plus intense, tant au niveau du traitement dû à la multiplicité des données, que du recoupement et de la vérification qui en découlent", souligne Technologia.  Dans le même temps, "ces nouveaux outils facilitent le travail de recherche et d'investigation".

 Par ailleurs, à la question "Considérez-vous aujourd'hui que les journalistes sont indépendants?", 44% des journalistes interrogés s'accordent à dire qu'ils ne le sont pas. 

"Même s'ils ne sont pas les premiers sur l'événement, il convient de préserver cette profession si on veut éviter l'altération de la démocratie", souligne Technologia.

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