19/01/2011 15:18

Le corps du photographe tué en Tunisie rapatrié ce soir

Le corps du photographe franco-allemand Lucas Mebrouk Dolega, mort lundi des suites d'un tir policier lors des manifestations à Tunis, doit être rapatrié mercredi soir en France, a annoncé à l'AFP sa compagne, par téléphone depuis l'aéroport de Tunis.  

Nathalie Donnadieu accompagnera la dépouille de son compagnon, avec les parents du jeune homme, Mohammed Mebrouk, médecin français, et Karin Von Zabiensky, journaliste allemande, ainsi qu'un ami d'enfance et cinq collègues photographes, dont deux ont assisté au drame.  

Le vol Tunis Air TU 724 qui les ramène en France doit atterrir à 21H45 à l'aéroport parisien d'Orly Sud, a-t-elle précisé, ajoutant qu'elle lirait une déclaration à la presse à l'arrivée mais ne répondrait à aucune question.  

Lucas Mebrouk Dolega, 32 ans, couvrait pour l'agence EPA les manifestations à Tunis devant le ministère de l'Intérieur, quand il a été atteint vendredi en début d'après-midi par une grenade lacrymogène tirée "à bout portant" par un policier tunisien, selon un de ses confrères.  

Touché à l'oeil et à la tempe gauche, il a été opéré dans la soirée à l'Institut national de neurochirurgie de Tunis. Dans le coma depuis, après que son état se fut dégradé, il est mort lundi.  

Le journaliste, dont le nom complet est Loucas Mebrouk Von Zabiensky et le pseudonyme Lucas Dolega, travaillait pour EPA depuis avril 2006. Il est le seul journaliste à avoir été tué lors de la révolution tunisienne. Depuis l'annonce de son décès, deux pages sur le réseaux social Facebook ont été créées pour lui rendre hommage. De nombreux contributeurs tunisiens y louent son "courage".  

La France a déploré lundi la violence "disproportionnée" qui a provoqué sa mort, demandant que "toute la lumière" soit faite sur ses circonstances.  

Lucas Mebrouk a été "victime d'un acte homicide délibéré", selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.  

De son côté, l'Union des photographes professionnels (UPP) a fait part de sa "tristesse". "C'est toute la profession des photographes comme celle des journalistes qui est en deuil", écrit-elle dans un communiqué.  

L'UPP "exige qu'une enquête puisse explorer la piste d'un acte intentionnel de tuer", rappelant que "l'exercice de cette profession est rendu de plus en plus difficile".

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