
Mardi,
jeanmarcmorandini.com
vous faisait part d'une lettre ouverte rédigée à l'initiative de la députée Muriel Marland-Militello, et signée par 24 de ses collègues, qui avait été transmise à Christophe Barbier, directeur de la rédaction du magazine L'Express.
Elle constituait une réaction des parlementaires suite à la divulgation des éléments du dossier médical de Johnny Hallyday par l'hebdomadaire.
Christophe Barbier leur avait alors répondu par un courrier. Il précisait que "les journalistes ne sont pas contraints par les impératifs d'autres professions, leur devoir est de "lever le voile" et leur en faire reproche "témoigne d'une curieuse conception de la liberté de la presse"."
(cf: http://www.jeanmarcmorandini.com/article-40196-hallyday-des-deputes-en-colere-contre-l-express.html )
La députée Muriel Marland-Militello a décidé de réagir à la réponse de Christophe Barbier sur son site Internet.
Elle écrit:
"Les journalistes ne sont certes pas soumis au secret médical mais révéler des éléments couverts par ce secret, c’est se rendre complice d’une grave violation, que cela concerne Johnny Hallyday ou toute autre personne.
La publication de ces éléments – qui n’était en rien nécessaire à la compréhension du dossier – est clairement en contradiction avec au moins deux devoirs de la Charte de Munich (Déclaration des devoirs et des droits des journalistes) qui préconise de ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents et de s’obliger à respecter la vie privée des personnes.
La réponse de L’Express, il me semble, oublie donc la déontologie propre à cette profession.
Cette réponse oublie également l’éthique de responsabilité.
J’avoue être étonnée de lire que Christophe Barbier, pourtant journaliste de grande qualité, aille même dans sa réponse jusqu’à légitimer le non-respect du secret de l’instruction et du secret-défense par les journalistes !!!
Non être journaliste ne permet pas de se placer au dessus des lois en invoquant la liberté de la presse et en disant que l’on ne fait “que son devoir” de journaliste !
Toute liberté, pour les journalistes comme pour quiconque, va de paire avec le respect de la liberté d’autrui !
C’est bien parce que je tiens à la liberté de la presse, qui est fondamentale dans toute démocratie, que j’ai souhaité avec plusieurs collègues rappeler ces principes importants qui sont d’ailleurs en règle générale totalement respectés par l’ensemble des médias.
J’ai trop d’estime pour les médias et les journalistes français, qui sont de grande qualité, pour laisser passer une telle dérive déontologique.
En tant que parlementaire française, je suis heureuse de voir que dans cette affaire la grande majorité des Français (72% selon un sondage CSA) désapprouvent ces méthodes et affirment leur attachement au respect de la vie privée."
Les réactions
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Et Johnny, il en dit quoi de tout ce tapage ? Ce qui me gêne dans cette histoire c'est que l'Express journal à priori sérieux face dans le sensationel n'existe-t-il pas déja une presse spécialisée pour ce genre de divulgations. La presse écrite va vraiment mal..
Croyez en un ancien de la presse (entre autres), le nombre des journaux distribués gratuitement est TRÈS important. (Quel pourcentage? C'est top secret!). C'est la pub qui paye prioritairement un journal et ses journalistes. Avec tout ce que ça comporte de malsain et de dangereux. Parce qu'imaginez vous qu'en cas de fortes ventes, le journal doit tirer beaucoup pour répondre à la demande des clients potentiels. Or, le gain à la vente étant fort minime en regard du tarif pub fixé avant le tirage... Et c'est ainsi qu'on a vu s'écrouler tout un tas de quotidiens américains à la mort de Kennedy!
Tant mieux pour eux et pour leurs journalistes, ne souhaitant évidemment pas les voir disparaître. Mais c'est une nostalgie d'ensemble, de regretter le temps où ces journaux présentaient une info plus digne et d'investigation. Certes, les temps ont changé: le net, la télé, l'instantanéité de la radio, la paresse intellectuelle par l'abrutissement des masses par les marchands et une moindre compétence des rédacs chefs d'antan. Cependant, crier au loup en ressortant à chaque fois le rejet qui est à faire de la censure, dès lors qu'ils dépassent les bornes, (d'autant qu'il n'est pas question de les censurer, mais de les rappeler au respect d'une information "convenable"// D'autant qu'au temps de Mazarine, ils ont su se faire étrangement discrets comme ils sont bien discrets aujourd'hui sur d'autres scandales d'Etat!), dès lors qu'ils dépassent les bornes, me paraît abusif.
Liberté d'expression? Il n'empêche que pendant que L'Express livrait ses putasseries, c'est Le Canard Enchaîné qui sortait les domiciles de complaisance fournis aux familles des ministres et la mission de Mme Boutin à plus de 9500 euros mois. Les patrons de ces grands hebdos, qui passent leur temps maintenant à débattre entre eux sur les ondes, doivent savoir pourquoi ils perdent semaine après semaine leurs lecteurs. Mais pas le Canard, en dépit d'Internet où le volatile n'est d'ailleurs pas!
Les résultats d'un sondage CSA !? Cette argumentation me laisse pantois :/
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