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La direction de Ouest-France annonce sa volonté de "faire évoluer" son projet contesté de réorganisation des rédactions du groupe

La direction de Ouest-France, premier quotidien de France, a annoncé sa volonté de "faire évoluer" son projet contesté de réorganisation des rédactions du groupe, en ouvrant une phase de concertation avec ses salariés. "La mobilisation a payé (...) Sans employer le mot, la direction suspend son projet", se sont félicités dans un communiqué les syndicats SNJ et SUD du Courrier de l'Ouest, du Maine Libre et de Presse-Océan. Dans un communiqué diffusé vendredi à ses salariés, la direction du groupe Sipa Ouest-France dit avoir entendu les "vives réactions" suscitées par son projet de réorganisation, qui se traduirait notamment par 56 suppressions d'emploi. "Nous proposons de prolonger nos réflexions en ouvrant une phase d'échanges plus approfondis prioritairement avec les équipes concernées", écrit la direction du quotidien breton. "Il s'agira de faire évoluer et d'enrichir ce projet de nouvelle organisation des rédactions".

"Le calendrier et les modalités d'organisation de ces échanges avec les équipes seront arrêtés dans les prochains jours", précise-t-elle. La direction du groupe envisageait de "mutualiser" les contenus des quatre quotidiens du groupe (Ouest-France, Courrier de l'Ouest, Le Maine Libre, Presse Océan), aujourd'hui concurrents. Une partie des articles élaborés par Le Courrier de l'Ouest en Maine-et-Loire ou Le Maine Libre en Sarthe devaient ainsi être repris par Ouest-France tandis qu'en Loire-Atlantique, les contenus élaborés par Ouest-France auraient été disponibles pour Presse Océan. Le quotidien voulait aussi réduire la voilure dans le Finistère. Au total, cinq rédactions locales de Ouest-France devaient fermer. "On entre dans une phase d'écoute et de dialogue tous azimuts pour voir comment le projet va évoluer", a expliqué à l'AFP François-Xavier Lefranc, rédacteur en chef de Ouest-France. "Beaucoup d'équipes ont des idées pour avancer. On prendra le temps qu'il faut", a-t-il assuré.

"On a dit que rien n'était figé. La seule chose qui est figée, c'est la nécessité de faire des économies", a-t-il ajouté. Confronté à un recul de ses ventes, le quotidien entendait économiser 3,6 millions d'euros grâce à son plan de réorganisation, dont la teneur a provoqué une grève de la rédaction et le vote d'une motion de défiance. Dans leur communiqué, les syndicats SNJ et SUD disent partager "le constat que les entreprises de presse doivent s'adapter à un nouvel environnement" tout en estimant que ces adaptations "doivent recueillir l'assentiment des rédactions et des journalistes qui y travaillent". Le quotidien emploie 576 journalistes équivalent temps plein.

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