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Abdelhakim Dekhar, le "tireur de Libé", jugé demain en appel devant les assises de l'Essonne

Son périple armé dans Paris, lors duquel il avait grièvement blessé un assistant photographe de Libération, lui a valu 25 ans de réclusion criminelle en première instance. Abdelhakim Dekhar tentera à partir de mardi de faire alléger sa peine devant les assises de l'Essonne. Le "tireur de Libé", jugé en appel pour tentatives d'assassinat, enlèvement et séquestration, avait semé l'angoisse pendant cinq jours dans Paris et ses alentours en novembre 2013.
Armé d'un fusil à pompe, il avait tenté de s'en prendre à des journalistes chez BFMTV, puis avait tiré sur un assistant photographe dans le hall du
journal Libération, avant d'ouvrir le feu devant la Société Générale à La Défense et de prendre brièvement en otage un automobiliste. Fin 2017, la cour d'assises de Paris l'a condamné à 25 ans de réclusion criminelle, après neuf heures de délibéré. Une peine "excessivement lourde" vu qu'"il n'y a pas eu mort d'homme", avait réagi son avocat Hugo Lévy, en faisant appel. Sollicitée pour ce nouveau procès, où Abelhakim Dekhar encourt
la perpétuité, la défense s'est refusée à tout commentaire.
Comment cet homme de 52 ans, déjà condamné dans un dossier criminel - il avait fourni une arme à Florence Rey et Audry Maupin, deux amoureux d'ultra-gauche auteurs d'une équipée meurtrière dans Paris en 1994 - expliquera-t-il cette fois son passage à l'acte ? En première instance, il avait assuré vouloir "intimider", pas tuer. Il souhaitait "scénariser" son suicide et espérait "une mort romantique" sous les balles de la police, avait-il juré.
Pourtant à chaque étape de son périple, il avait rapidement pris la fuite, sans attendre l'arrivée des forces de l'ordre. Sa traque avait pris fin au
bout de cinq jours: dénoncé par son hébergeur, les policiers l'avaient retrouvé à demi-conscient dans une voiture, entouré des médicaments qu'il
venait d'avaler. Dans le box, Abdelhakim Dekhar avait mis sa dérive sur le compte de problèmes familiaux: la séparation d'avec ses enfants car sa compagne l'accusait de violences, la mort de son frère. "J'ai confondu mon désespoir avec ma pensée politique", avait avancé celui qui se considère comme un "intellectuel".
Face à juge d'instruction, il s'était montré peu disert, évoquant un "combat politique" pour expliquer ses gestes. En 2008, dans une lettre, il appelait à "combattre les +journalopes+ où qu'ils soient". Les enquêteurs l'ont décrit comme un homme violent, un "menteur pathologique". "Avec Dekhar, on ne s'attend jamais à rien", a estimé Pierre-Randolphe Dufau, l'avocat du rédacteur en chef de BFMTV visé par l'accusé. "À chaque fois, il nous livre un charabia tantôt idéologique, tantôt infantile, tantôt insincère. Sa rancoeur sociale est sans doute le mobile de toute cette violence".

Le verdict est attendu le 13 septembre.

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Portrait de jarod.26
3/septembre/2018 - 14h46 - depuis l'application mobile

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