30/12 15:45

L’ancien DG de la chaîne Equidia reconnaît avoir "tenu des propos déplacés" envers la journaliste Sandra Muller, à l’origine de #balancetonporc

L’ancien directeur général de la chaîne de télévision Equidia reconnaît avoir « tenu des propos déplacés » envers la journaliste Sandra Muller, à l’origine du hashtag #balancetonporc dans une tribune publiée par Le Monde, mais il réclame aussi "le droit à la vérité et à la nuance".

Eric Brion écrit:

"Il y a deux mois et demi, mon nom a été le premier associé à une campagne de dénonciation sur les réseaux sociaux consacrée au harcèlement sexuel. Dans un premier temps, j’ai délibérément choisi de garder le silence, toute parole à chaud pour tenter de rétablir la vérité ou corriger les inexactitudes étant laminée par les réseaux sociaux. (...) 

Il y a deux mois et demi, mon nom a été le premier associé à une campagne de dénonciation sur les réseaux sociaux consacrée au harcèlement sexuel. Dans un premier temps, j’ai délibérément choisi de garder le silence, toute parole à chaud pour tenter de rétablir la vérité ou corriger les inexactitudes étant laminée par les réseaux sociaux. (...)

Or, je n’ai jamais travaillé avec Sandra Muller. Je n’ai jamais été son collaborateur ou son supérieur hiérarchique, comme j’ai pu le lire ici ou là…. Cela est aisé à vérifier, mais, une fois que la machine infernale est lancée, on ne peut pas l’arrêter. Les conséquences personnelles et professionnelles de cet amalgame entre drague lourde et harcèlement sexuel « au boulot » ont été extrêmement importantes et pénalisantes. (...)  

Je le redis sans ambages, je regrette mes propos. Mais les conséquences ne sont-elles pas disproportionnées ? Se retrouver dans la quasi-impossibilité de travailler, recevoir des insultes, se demander comment protéger ses enfants de toutes ces attaques…"

Sandra Muller lui répond toujours dans le Monde:

"Afin de minimiser l’acte, l’entourage de mon bourreau a riposté sur Twitter en parlant de « blague lourdingue ». Finalement, c’était moi et mon manque d’humour, le problème ! Une agression verbale est une agression psychologique, un manque de respect reste un manque de respect. Le « Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme, je vais te faire jouir toute la nuit » a provoqué chez moi honte, déni, volonté d’oubli, faille spatio-temporelle : j’ai mis du temps à reconstituer le lieu et l’année où ces propos ont été tenus.

Selon Anne-Laure Buffet, spécialiste des violences psychologiques, « la sidération est à l’origine d’un état de stress intense qui peut durer plusieurs heures, et va se manifester par cet état de sidération anxieuse. La verbalisation est souvent difficile, voire impossible. Elle pointe la honte ressentie ».

Je l’ai donc expérimentée. Il m’a fallu des années pour verbaliser. Le jour où j’ai réussi, j’ai créé un tsunami. Personne ne peut juger de l’impact psychologique d’une agression. Je me suis sentie doublement rabaissée : d’abord au rang de femme-objet, ensuite dans mon intégrité professionnelle. Il ne faut pas sous-estimer le verbe : derrière une simple grivoiserie se cachent parfois des actes plus graves. (...)

Le magazine américain Time vient d’attribuer le titre de « Personne de l’année » aux « briseurs de silence », nous toutes et tous dans notre diversité, de toutes religions et couleurs, militante féministe comme Tarana Burke, femmes de ménage, actrices hollywoodiennes et même des hommes. Cette formidable reconnaissance marque le début d’une nouvelle ère : celle de la parole libérée et de l’écoute. Il s’agit d’en faire bon usage et de ne pas balancer pour balancer. (...)

 



 

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Vos réactions

Portrait de atlantique07
31/décembre/2017 - 11h21

Il n'y en a pas un pour racheter l'autre...Deux belles espèces de bourrin  si j'ose dire........

Portrait de Marco95
31/décembre/2017 - 08h51 - depuis l'application mobile

Ouai il devait avoir la dalle ce Éric pour vouloir taper dedans.

Portrait de brems
31/décembre/2017 - 08h06
Migennes89 a écrit :

de toute façon, ce genre de femmes sont généralement des femmes vénales et qui haissent les hommes . 

C est ce que pensent certains hommes. Mais en fait sachez qu une minorite de femmes aime se faire draguer voir tripoter la plupart veut juste être tranquille car parfois déjà en couple ou/et mère de famille. Par contre entre le fait de trouver les propos déplacés et être traumatisée ? Il ne me semble pas y avoir eu de gestes déplacés. Est ce que ça mérite de médiatiser et de détruire la vie d un homme ? Pour moi non. 

Portrait de josie2012
31/décembre/2017 - 07h47
brems a écrit :

Je suis une femme et j ai aussi vécu des situations de drague lourde. Je pense que même si c est extrêmement désagréable ça ne justifie pas de détruire la vie d un homme (je ne parle pas du producteur américain qui lui n hésitait pas à détruire des carrières et peut être qu il y avait beaucoup plus que de la drague un peu lourde). Doit on aussi attaquer les mecs très lourds dans les magasins qui nous disent que nous avons des gros seins ou les mecs qui nous klaxonnent dans la rue alors que nous sommes parfois avec nos enfants. Ce n est pas du tout agréable mais est ce condamnable ?

La nature nous a donné une bouche pour leur répondre, il ne faut pas avoir peur de leur dire d aller se faire voir ! Ils n ont pas à nous interpeler de la sorte. Dans le Métro j ai déjà frappé des mecs qui ce sont permis des mains baladeuses ! Non mais ...  Quoi , les machos, changez de trottoir !

Portrait de droopy-59
30/décembre/2017 - 21h37

aucun harcelement dans ce que je vois , un propos deplacer d'un mec bourré qui tente lamentablement de draguer une femme , elle a refuser et ça s'est fini.

venir nous expliquer qu'elle a subit un traumatisme , c'est se foutre du monde là

c'est n'importe quoi là !

Portrait de brems
30/décembre/2017 - 19h12

Je suis une femme et j ai aussi vécu des situations de drague lourde. Je pense que même si c est extrêmement désagréable ça ne justifie pas de détruire la vie d un homme (je ne parle pas du producteur américain qui lui n hésitait pas à détruire des carrières et peut être qu il y avait beaucoup plus que de la drague un peu lourde). Doit on aussi attaquer les mecs très lourds dans les magasins qui nous disent que nous avons des gros seins ou les mecs qui nous klaxonnent dans la rue alors que nous sommes parfois avec nos enfants. Ce n est pas du tout agréable mais est ce condamnable ?

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