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Accident d'hélicoptères dans l'émission "Dropped" pour TF1: La justice examine une demande d'indemnisation pour une 2e victime

La famille d'un caméraman victime de l'accident d'hélicoptères survenu sur le tournage de "Dropped" (TF1), en mars 2015 en Argentine, a réclamé lundi d'importants dommages et intérêts à la société de production de l'émission qui l'employait, celle-ci se défendant de toute faute. La mère, l'épouse et les deux enfants de Laurent Sbasnik attaquent la SAS Adventure Line Productions (ALP) devant le tribunal des affaires de sécurité sociales (TASS) des Hauts-de-Seine pour "faute inexcusable". "ALP n'a pas pris les mesures nécessaires pour préserver des risques d'accident du travail" et "rien n'avait été anticipé en matière (de risque) aéronautique", a accusé leur avocate Me Solenn Le Tutour.

Âgé de 40 ans, le professionnel avait pour mission de "filmer, porte ouverte, harnaché, caméra sur l'épaule les candidats qui avaient pris place dans l'autre hélicoptère", lors d'une "manoeuvre scénarisée en vol rapproché" à 360 degrés "très risquée" selon un expert, a-t-elle rappelé. Mais les pilotes n'étaient "pas formés" pour cette manoeuvre, de surcroît "interdite" par la législation argentine "quand il y a des passagers" à bord, a argué Me Le Tutour, dénonçant "l'amateurisme dans l'organisation de cette émission" et un "enchaînement de négligences" de la part d'ALP. La société de production a quant à elle sollicité le sursis à statuer en raison de l'instruction pour "homicide involontaire par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence" toujours en cours. Selon le conseil, "ALP a pris toutes les dispositions pour qu'à tout moment la sécurité de ses salariés soit respectée" et s'il y a eu "faute de pilotage, il ne peut y avoir faute inexcusable" car la société ne pouvait prendre "aucune disposition pour prévenir ce type d'erreur".

Le TASS de Nanterre doit rendre sa décision le 15 février 2018. Une audience similaire s'est tenue le 17 novembre devant le TASS de Paris, qui doit se prononcer le 23 janvier 2018. La famille d'une journaliste décédée, Lucie Mei-Delby, alors en CDD, a réclamé près de 400.000 euros d'indemnités. Sur le volet pénal, deux procédures, en Argentine et en France, sont en cours d'instruction. En France, ALP et son directeur de production ont été placés sous le statut de témoin assisté, échappant en l'état du dossier à des poursuites. La collision entre les deux appareils le 9 mars 2015 avait coûté la vie à dix personnes dont trois sportifs français de haut niveau, la navigatrice Florence Arthaud, le boxeur Alexis Vastine et la nageuse Camille Muffat.

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