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Vingt-cinq ans de réclusion criminelle requise contre Abdelhakim Dekhar, jugé pour tentatives d'assassinat à BFMTV, et Libération

11h34: Une peine de 25 ans de réclusion criminelle a été requise vendredi contre Abdelhakim Dekhar, jugé aux assises pour son périple armé à Paris en novembre 2013 au cours duquel il avait grièvement blessé un photographe au siège du quotidien Libération.
L'avocat général a demandé que cette peine soit assortie d'une période de sûreté des deux tiers. Abdelhakim Dekhar est jugé pour tentatives d'assassinat. "Le principal mobile, c'est tuer par dépit social", a dit l'avocat général Bernard Farret dans son réquisitoire.  

10h02: Abdelhakim Dekhar, jugé pour tentatives d'assassinat lors de son périple armé à Paris, à BFMTV, à la Société générale et à Libération en novembre 2013, a affirmé jeudi qu'il voulait "intimider" ses cibles mais ne blesser personne. "Je voulais intimider les gens. (...) Mais à aucun moment je n'ai voulu m'en prendre à la personne humaine", a déclaré l'accusé, qui a blessé grièvement un assistant-photographe à Libération. Pourquoi ne pas avoir pris une arme factice?, a interrogé la cour d'assises.

"J'avais fait des recherches sur internet sur les armes factices. Je voulais que mon intimidation soit crédible", a expliqué l'accusé, qui a acheté dans une cité de Saint-Denis un fusil à pompe qu'il a chargé avec des cartouches utilisées par les chasseurs de sangliers. Son objectif était, dit-il, de mettre fin à ses jours. "J'étais dans un projet de suicide par intermédiaire: je voulais que la police me tue". Il s'est rendu d'abord à BFMTV parce que "la couverture H24 aurait démultiplié (son) scénario". Il voulait une mort "romantique", pour ne pas être perçu "comme un loser" par ses enfants qui avaient alors 5 et 7 ans. Il ne les voit plus depuis sa séparation d'avec leur mère suite à des violences.

"Quand je vais à BFMTV, je me dis que quand je vais sortir, je vais être abattu par la police", raconte l'accusé, qui se décrit comme "un intellectuel". Mais il reste une vingtaine de secondes et prend la fuite après avoir menacé un rédacteur en chef avec son arme. A Libération, il dit avoir tiré dans "la confusion et la panique". Il aurait tiré sur l'assistant-photographe car celui-ci venait vers lui. Un expert balistique a pourtant écarté cette piste. Et la balle a pénétré dans le dos de la victime. La cour l'a interrogé sur la question de la préméditation. Au juge d'instruction, il avait parlé d'un repérage. "C'est faux, c'est romancé", a dit l'accusé. C'était donc un mensonge?, a demandé la partie civile. Sa réponse: "J'ai l'imagination fertile". Abdelhakim Dekhar a déjà été condamné aux assises, en 1998, dans un dossier criminel majeur lié aux milieux de l'ultragauche. Il était soupçonné d'être "le troisième homme" de l'équipée de deux membres de cette mouvance, Florence Rey et Audry Maupin: une fusillade au cours de laquelle trois policiers, un chauffeur de taxi et Maupin avaient été tués en 1994.

"Ca me ronge", a-t-il affirmé, son avocat l'interrogeant sur sa culpabilité. "Il ose dire ça alors qu'il a repris les armes" en 2013, s'est énervé dans sa plaidoirie Me Charles-Emmanuel Soussen, l'avocat de l'assistant-photographe de Libération, 23 ans au moment des faits. L'avocat ne "croit pas une seconde à la thèse du suicide": "M. Dekhar a choisi une arme létale et l'a chargée avec des balles à sanglier. Quand on fait ça, on veut tuer", a-t-il plaidé. Abdelhakim Dekhar, qui encourt la perpétuité, est jugé pour plusieurs tentatives d'assassinat. "Toutes les victimes de tentative d'assassinat, qu'elles aient été blessées ou non, se heurtent au sentiment de mort", a expliqué l'avocat d'un journaliste et d'un rédacteur en chef de BFMTV, Me Pierre-Randolph Dufau. Il a mis en avant la "haine des journalistes" d'Abdelhakim Dekhar, qui apparaît dans plusieurs messages: "L'immonde", "Libéramerde", "crevez charognes", écrivait-il en mars 2013. La cour rendra son verdict vendredi soir.

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