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Des élus américains veulent réglementer la publicité politique sur Facebook après la polémique des ingérences russes

Des sénateurs américains ont proposé jeudi de soumettre les réseaux sociaux aux mêmes règles de transparence pour la publicité politique que les chaînes de télévision, réagissant aux ingérences attribuées à la Russie lors de la campagne présidentielle de 2016.

La proposition de loi, portée par le démocrates Mark Warner et Amy Klobuchar et le républicain John McCain, vise à changer la loi pour l'adapter à la réalité des campagnes politiques modernes, dans lesquelles internet joue un rôle croissant.

D'une part, les publicités sur internet devraient obligatoirement mentionner clairement leur commanditaire, comme à la télévision. D'autre part, les grands sites comme Facebook seraient obligés de conserver un fichier des publicités politiques, pour tout annonceur dépensant plus de 500 dollars sur une période de 12 mois, avec le nom du candidat soutenu et celui du payeur. Enfin, la proposition de loi vise à renforcer l'interdiction faite aux étrangers de financer des publicités électorales aux Etats-Unis.

 "Il n'y a presque aucune transparence aujourd'hui", a expliqué Mark Warner. "Les Russes s'en sont aperçus et en ont profité en 2016 pour diffuser de la désinformation, afin de nous diviser et de détourner notre attention". "Après les attaques russes lors de l'élection de 2016, il est plus important que jamais de renforcer nos défenses contre les ingérences étrangères dans nos élections", a déclaré John McCain.

La loi concernerait les sites ayant au moins 50 millions de visiteurs uniques par mois. Des géants d'internet s'opposent à cette réforme, selon le New York Times, en raison de la charge qu'elle créerait, et aussi parce qu'elle ne concernerait pas les publicités similaires à celles financées par des entités russes en 2016 et qui ne mentionnaient pas de candidat particulier.

Ces entités ont diffusé environ 3.000 publicités ou messages payés sur Facebook entre 2015 et 2017, vues par 10 millions d'utilisateurs aux Etats-Unis, selon le réseau social qui en compte 210 millions dans le pays. Beaucoup de ces messages n'étaient ni pour ou contre Donald Trump ou Hillary Clinton, mais soufflaient sur les braises de grands sujets de société comme le racisme, l'immigration et les armes à feu, dans une tentative apparente de diviser le pays.

L'avenir de cette proposition était incertain jeudi, faute de soutien des chefs de la majorité du Congrès.

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