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Vive inquiétude des salariés sur l'avenir du quotidien Libération après le départ annoncé hier du numéro deux de la rédaction

Les salariés de Libération ont voté une motion réclamant des garanties sur l'avenir du quotidien au propriétaire du journal, le groupe Altice de Patrick Drahi, après l'annonce du départ du numéro deux de la rédaction, Johan Hufnagel.

"L'équipe de Libération exige depuis longtemps un plan ambitieux et crédible pour l'avenir du journal et ne se résoudra pas à voir ses attentes à nouveau déçues", indique le texte voté en assemblée générale "à l'unanimité des présents", selon un communiqué.

La motion réclame notamment "des investissements humains significatifs, afin de soulager et d'enrichir une équipe volontaire et déterminée mais réduite au minimum" et l'assurance "que le prochain directeur général se consacre à temps plein à Libération". Elle demande que "toute nomination à la direction de la rédaction, à un poste similaire à celui actuellement occupé par Johan Hufnagel soit soumise au vote des salariés, selon l'esprit des statuts de Libération". Johan Hufnagel, 49 ans, a annoncé mercredi son départ le mois prochain. Il avait été recruté en 2014 pour faire prendre un "virage numérique" au quotidien.

Ce départ intervient quelques semaines avant la nomination d'un nouveau directeur général et le déménagement de Libé dans les locaux de son propriétaire, le groupe Altice, qu'il partagera dans le XVè arrondissement, avec RMC et BFMTV. Cet été, l'un des adjoints de Johan Hufnagel, David Carzon, avait lui aussi quitté Libération pour une start up.

Les salariés ont rencontré mercredi Alain Weill, directeur d'Altice Media, qui leur a présenté son projet de développement stratégique pour Libération, "lequel est apparu en décalage complet avec les attentes de l'équipe". "M. Weill s'était engagé à annoncer ce mercredi le nom du nouveau directeur général du journal, qui sera déjà le sixième en deux ans, en remplacement de François Dieulesaint, dont le départ est prévu depuis plusieurs mois.

Cette première promesse n'a pas été tenue", déplorent-ils dans la motion. Dans le plan qui leur a été présenté, "les rares engagements ne portent que sur des investissements limités, circonscrits aux domaines techniques et non-rédactionnels" et "le contenu et le calendrier (...) restent imprécis", estiment les salariés, qui ajoutent avoir "déjà fourni des efforts considérables après le plan social de 2014".

La direction a indiqué dans un communiqué que le nouveau directeur général serait "nommé au début 2018", et qu'il "sera chargé d'affirmer la transformation numérique du journal autour du projet Digital First, pour faire de Libération l'un des leaders de l'information digitale payante en France en s'appuyant sur le papier".

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