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Un tribunal d'Istanbul a ordonné la remise en liberté d'un journaliste d'opposition mais le maintien en détention de 4 de ses confrères

Un tribunal d'Istanbul a ordonné la remise en liberté du journaliste turc Kadri Gürsel et le maintien en détention de quatre de ses collègues accusés dans le cadre du procès controversé de dix-sept collaborateurs du quotidien d'opposition Cumhuriyet. Le juge a décidé que le chroniqueur, l'une des figures les plus respectées du journalisme en Turquie, pouvait être libéré après 11 mois de détention, même s'il doit être jugé pour "activités terroristes", a indiqué un correspondant de l'AFP.

Le procès des collaborateurs de Cumhuriyet, un journal très critique envers le président Recep Tayyip Erdogan, a été ajourné au 31 octobre. Kadri Gursel, journaliste depuis 30 ans, a été libéré lundi soir de la prison de Silivri, en dehors d'Istanbul. Il a été accueilli à sa sortie par ses proches et des collègues. "Il n'y a rien à célébrer car des journalistes de Cumhuriyet font face à des accusations injustes et sans fondement. Leur liberté leur a été retirée", a-t-il déclaré, visiblement épuisé. Il a annoncé qu'il continuerait à écrire, malgré un contexte difficile pour les médias.

"Tous les journalistes souhaiteraient écrire aussi longtemps que les conditions le permettent. Je continuerai bien sûr à écrire". "Je ne peux pas dire que justice ait été rendue aujourd'hui", a réagi son épouse, Nazire, en allusion aux journalistes toujours emprisonnés. "Beaucoup comparent cette affaire à une pièce de théâtre, mais (cette comparaison) est une insulte pour le théâtre".

Restent en détention quatre autres membres de Cumhuriyet: le patron du journal, Akin Atalay, et son rédacteur en chef Murat Sabuncu, qui, comme Kadri Gürsel, sont détenus depuis 330 jours ; le journaliste d'investigation Ahmet Sik, arrêté fin décembre et détenu depuis 269 jours ; et Yusuf Emre Iper, un comptable du quotidien détenu depuis 173 jours.

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