07/01/2017 14:30

Les deux reporters de Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui et Laurent Léger ne se retrouvent plus dans l'hebdomadaire

Zineb El Rhazoui et Laurent Léger, deux reporters de Charlie Hebdo, ne s'y retrouvent plus deux ans après les attentats, l'une déplorant "que Mahomet ne soit plus dessiné" et l'autre estimant que l'hebdomadaire aurait dû s'arrêter "après le numéro des survivants".

"Charlie est mort le 7 janvier" 2015, a déclaré à l'AFP, Zineb El Rhazoui, regrettant "la force éditoriale de Charb", alors que l'on commémore le deuxième anniversaire de l'attaque qui a fait 12 morts il y a deux ans. La journaliste de 35 ans, qui formalise son départ de la rédaction, explique avoir "l'impression" que Charlie Hebdo suit "une ligne éditoriale exigée par les islamistes avant les attentats, c'est-à-dire que Mahomet n'est plus dessiné".

Elle "déplore le départ de la plupart des anciens" de Charlie après le 7 janvier et s'interroge "sur la faculté" de l'hebdomadaire "de continuer à porter le flambeau de l'irrévérence et de la liberté absolue". "Cette liberté coûte que coûte qui était en fait ce journal que j'ai aimé, où j'ai travaillé dans la dèche, dans l'adversité", souligne-t-elle.

Riss, directeur de la publication de Charlie Hebdo, déclarait mardi: "Si demain on met en couverture une caricature de Mahomet, qui va nous défendre? Personne, à part un ou deux intellectuels. On nous dira: +Vous êtes fous, vous l'avez bien cherché.+" Zineb El Rhazoui affirme comprendre que Charlie Hebdo se sente trop "seul à monter au front".

Mais "il ne faut pas que nos collègues soient morts pour rien. Si cela ne tenait qu'à moi, je continuerais". Laurent Léger, rescapé de l'attaque, en arrêt maladie longue durée, juge lui, qu'"avec le recul, Charlie aurait dû s'arrêter après le numéro des survivants". "Le prix à payer est trop lourd pour des journalistes et des humains normalement constitués", dit-il à l'AFP.

Zineb El Rhazoui, Française d'origine marocaine, qui ne se déplace plus sans protection policière, n'a "pas écrit une ligne dans Charlie depuis une année". Mais elle a publié en octobre un essai: "Détruire le fascisme islamique"(Ed. Ring). Elle est "toujours Charlie, évidemment", insiste-t-elle.

"Le Charlie qui a porté cet esprit, qui a mis le doigt sur quelque chose qu'il a été le seul à détecter des années auparavant." La rédaction a été décimée "pour cette raison précisément", ajoute-t-elle. "Cela démontre qu'ils avaient fait quelque chose de très important."


Deux ans après, sobres commémorations à Paris... par morandini

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Vos réactions

Portrait de KenShiro
7/janvier/2017 - 19h55

Charlie Hebdo se la joue irrévérencieux et rebelle mais uniquement avec ceux dont ils savent qu'ils ne risquent rien. Comme avec leur dessin qui parlait de lasagne après les tremblements de terre en Italie, qui montrait des gens écrasés entre les étages d'un immeuble.

 

Quand au soutient des gens qu'ils sentent diminuer. Il diminue parce-que justement ils voient qu'ils s'attaquent toujours aux mêmes, ou à cause de dessins comme cité ci-dessus qui ne demande aucun courage. Ile ne peuvent s'en prendre qu'a eux mêmes. Mais plus facile d' essayer de faire culpabiliser la population,que de se remettre en question.

Portrait de Filoû02
7/janvier/2017 - 14h46

Ils ne s'y retrouvent plus ! N'ont qu'à prendre un GPS smiley 

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