01/12/2016 13:35

Finlande: Polémique après la colère du Premier ministre contre des journalistes

Le Premier ministre finlandais Juha Sipilä a admis avoir envoyé des courriers électroniques rageurs à des journalistes de la télévision publique, alors qu'un magazine l'accusait d'avoir voulu étouffer une information gênante.

L'hebdomadaire finlandais Suomen Kuvalehti a affirmé que le chef du gouvernement avait exprimé sa colère à deux journalistes de la télévision Yle, ce qui aurait contraint la chaîne à renoncer à la publication d'articles plus fouillés sur son site internet.

L'affaire porte sur l'intérêt qu'aurait la famille du Premier ministre centriste à la continuation de l'activité de la mine de nickel de Talvivaara, puisqu'elle est actionnaire d'un sous-traitant, Katera Steel.

Le 11 novembre, le gouvernement finlandais a annoncé qu'il réinjectait 100 millions d'euros dans Terrafame, la compagnie publique exploitant cette mine non rentable qui était promise à une fermeture.

M. Sipilä s'est défendu d'avoir eu l'intention d'influencer la rédaction d'Yle. "J'admets être susceptible quand mon poste déborde sur ma famille et quand ma famille se retrouve impliquée", a-t-il déclaré à la presse à Helsinki.

"Je reconnais m'être laissé emporter par l'émotion". Juste après la publication le 27 novembre d'un article d'Yle sur son lien indirect avec Terrafame, M. Sipilä a envoyé une vingtaine de courriers électroniques rageurs au rédacteur en chef Atte Jääskeläinen et à un journaliste, selon Suomen Kuvalehti.

"Je n'ai fait taire personne (...) L'article contenait une allégation grave selon laquelle j'aurais favorisé des membres de ma famille, ce qui n'est pas le cas.

Il aurait fallu me laisser la possibilité de faire un commentaire", s'est défendu le Premier ministre. Le magazine a également révélé que la télévision avait menacé de licencier un de ses journalistes renommés parce qu'il prévoyait d'évoquer le sujet.

Le rédacteur en chef d'Yle a nié avoir cédé à une quelconque pression, affirmant n'avoir suivi que des "considérations journalistiques", sur le site internet de la chaîne.

Le président des sociaux-démocrates, principal parti d'opposition, Antti Rinne, a souligné que les accusations étaient "très graves". "La Finlande est un pays modèle en matière de liberté de la presse.

Si les allégations contre Sipilä sont avérées, nous serons confrontés à une grave crise", a-t-il écrit sur Twitter. La mine de Talvivaara, ouverte en 2008 à 500 km au nord d'Helsinki, et qui fut la plus grande de l'Union européenne, a été nationalisée en 2014 pour lui éviter la faillite.

 

 

 


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