02/04/2016 15:24

La campagne présidentielle et Donald Trump ont redonné des couleurs aux chaînes d'information américaines

La campagne présidentielle et le phénomène médiatique Donald Trump ont redonné des couleurs aux chaînes d'information américaines, qui enregistrent des audiences record après plusieurs années difficiles, mais les lendemains restent incertains.

"Je pense qu'elles peuvent remercier Donald Trump.

C'est un cadeau du ciel pour ces gens", résume Gabriel Kahn, professor à l'école de journalisme californienne d'USC Annenberg. Les chiffres viennent de tomber: pour la première fois dans l'histoire du câble aux Etats-Unis, c'est une chaîne d'information qui arrive en tête des audiences au premier trimestre (hors chaînes en option comme HBO), la conservatrice Fox News.

Le vétéran CNN a également commencé l'année en fanfare, avec des audiences moyennes sans égales depuis sept ans, tandis que MSNBC, troisième grande chaîne d'information, a enregistré ses meilleurs chiffres en trois ans, selon des chiffres du cabinet Nielsen.

Les hausses vont bien au-delà de celles occasionnées traditionnellement par les campagnes présidentielles.

Selon le magazine US News, le tarif facturé par CNN pour un spot de publicité aurait été multiplié par quarante dès septembre dernier, alors que les primaires ne faisaient que commencer.

"Du côté républicain, vous avez des candidats qui se livrent à des attaques personnelles, des déclarations un peu folles, qui donnent de l'excellente télévision", observe Dannagal Young, professeur à l'université du Delaware. "C'est peut-être un peu troublant sur le plan politique, mais cela fait de la télévision très divertissante", précise-t-elle.

Au centre de cette agitation, le candidat surprise Donald Trump, en tête de la course à l'investiture républicaine. Les chaînes d'information "ont orienté toute leur programmation pour en faire de la télé-réalité autour de Trump, 24 heures sur 24", estime Gabriel Kahn.

En conséquence, pour Dannagal Young, elles ne mettent pas l'accent "sur la position des candidats sur les questions de fond mais sur qui dit quoi, qui attaque qui, qui est devant ou derrière dans les sondages".

Une approche critiquée, indirectement, par Barack Obama, qui a accusé lundi certains médias de laisser les candidats dicter la couverture de la campagne.

Le coup de fouet dont bénéficient les chaînes d'information ne devrait cependant durer que le temps de la campagne.

Voire moins peut-être, jusqu'à ce que chaque camp désigne son candidat en juillet.

"Cela va ralentir sensiblement à l'approche du scrutin. Lorsqu'on va passer du mode campagne au mode gouvernance, le ton va changer", prévoit Frank Sesno, professeur à l'université George Washington.

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