21/03/2016 10:12

Le chef de la police belge accuse L'Obs d'avoir révélé des informations confidentielles

C'est un véritable coup de gueule que passe le directeur général de la police judiciaire belge contre la presse, et en particulier contre L'Obs et la chaîne belge VTM.

Claude Fontaine a affirmé sur RFI que si l'intervention pour arrêter Salah Abdeslam a été lancée vendredi après-midi, et non samedi matin comme les forces de l'ordre le souhaitaient, c'est à cause d'eux.

En cause, les révélations sur des empreintes digitales découvertes dans l'appartement perquisitionné à Forest. L'Obs avait alors indiqué que Salah Abdeslam serait peut-être l'une des deux personnes qui auraient pris la fuite mardi.

Suite à la publication de ces informations, la police belge a dû réagir rapidement "et lancé l'assaut au pire horaire, 16h30, juste à côté d'une école dans une rue bondée. On a évité le pire", assure Claude Fontaine, directeur général de la police judiciaire belge.

« C’est vrai qu’une information publiée beaucoup trop tôt dans la presse nous a causé quelques soucis. Maintenant, nous sommes des professionnels, donc on anticipe les évènements », relativise-t-il.

Avant de fustiger « l'irresponsabilité » d'une « certaine presse »  : « On offre sur l’autel de l’audimat la sécurité de mon personnel, et ça je n’accepte pas, et la sécurité publique de la population. Vous savez qu’une des hypothèses sur laquelle on travaillait, et c’est celle qui a retenu notre attention sur la décision qui a dû être prise dans le cas l’interpellations de ces personnes, c’est le fait qu’elles pouvaient sortir avec une ceinture d’explosifs et mettre non seulement les policiers en danger, mais également la population environnante. Mais qu’est-ce qu’on veut ? On veut des résultats. Le résultat, on l’a. Alors il faut nous aider à obtenir le résultat. »

Et de se demander: « Si la présence de la presse, anticipée par rapport à l’intervention, a pour conséquence que les personnes que l’on souhaite interpeller disparaissent dans la nature, qu’est-ce qu’on nous dira le lendemain ? Ça fait quatre mois qu’ils sont là, et vous n’êtes pas capables de les trouver ? »

Dans une tribune publiée sur son site, L'Obs répond à ces accusations.

"Porter à la connaissance du public, à commencer par les Bruxellois, le fait que le terroriste le plus recherché de la planète depuis novembre dernier se trouvait peut-être encore dans la capitale belge nous a paru primordial. Il suffit d’imaginer un instant, pour comprendre, ce qu'il serait arrivé si par malheur, il avait perpétré un nouvel attentat. Que n’aurait-on dit alors : "Vous saviez qu’il était à Bruxelles et vous l’avez caché !", écrit d'abord le journaliste Matthieu Croissandeau.

Et d'ajouter: "Prétendre aujourd’hui que la divulgation de cette information aurait permis à Salah Abdeslam de comprendre que l’étau se resserrait est une vue de l’esprit. Notre article n’a rien appris au terroriste qu’il ne savait déjà : ni que la police le recherchait, ni qu’il avait pu laisser des traces de son passage dans l’appartement de Forest, ni même que l’enquête avançait, compte tenu de la fusillade qui a éclaté lors de la perquisition à Forest. Prétendre par ailleurs que nous aurions mis en danger les personnes présentes au moment de son arrestation est tout aussi infondé puisque nous n’avons pas écrit qu’une opération était en cours pour l’interpeller."

"Il arrive parfois que la police ou les enquêteurs nous demandent de retarder la publication d’une information pour ne pas mettre en péril une enquête ou une opération en cours. Cela n’a pas été le cas. Et si cela l’avait été, nous aurions sans aucun doute pris en compte cette demande, comme il nous est arrivé de le faire à plusieurs reprises depuis les attentats du 13 novembre.", tient-il à préciser.

Avant de conclure : "Que la police belge se désole aujourd’hui que nous ayons publié cette information ne doit pas nous faire oublier l’essentiel. Le métier de la police est d’arrêter les criminels et donc de s’assurer de la bonne conduite des enquêtes et de leur confidentialité. Celui de la presse est de porter à la connaissance de ses lecteurs des informations solides, vérifiées et dignes d’intérêt."


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Vos réactions

Portrait de brems
21/mars/2016 - 11h26
Steph38 a écrit :
En toute logique il fallait se taire fasse à la presse

Exactement. Premiers responsables les flics à la langue trop pendue... hallucinant !

Portrait de Steph38
21/mars/2016 - 10h21
En toute logique il fallait se taire fasse à la presse

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