26/12/2015 10:27

L'Obs juge "inacceptable" l'expulsion de facto de sa correspondante en Chine

L'hebdomadaire français L'Obs a jugé vendredi "inacceptable" l'expulsion de facto de sa correspondante à Pékin et estimé que c'était "un avertissement lancé à tous les reporters étrangers basés en Chine".

En poste à Pékin depuis six ans, la journaliste Ursula Gauthier a annoncé vendredi avoir reçu la confirmation par les autorités chinoises qu'elle serait de facto expulsée du pays le 31 décembre, à la suite du non-renouvellement de sa carte de presse et de son visa.

"C'est une atteinte inacceptable à la liberté d'informer et c'est une entrave réelle à l'exercice du métier de journaliste en Chine", a déclaré le directeur de L'Obs, Matthieu Croissandeau.

Ursula Gauthier a fait l'objet depuis un mois d'une virulente campagne d'attaques dans les médias étatiques chinois à la suite d'un article publié le 18 novembre décrivant la politique répressive menée par Pékin au Xinjiang, une vaste région à dominante musulmane de l'ouest du pays. Le ministère chinois des Affaires étrangères lui a téléphoné vendredi pour l'informer, que faute d'"excuses publiques" de sa part, sa carte de presse ne serait pas renouvelée, a déclaré Mme Gauthier. A L'Obs, "on reconnait très volontiers lorsqu'on fait une erreur factuelle dans un papier. Mais le journal, et notre correspondante, ne présenteront jamais d'excuses pour une analyse", a souligné Matthieu Croissandeau.

"C'est vraiment une atteinte à la liberté éditoriale". Ces dernières semaines, L'Obs avait entamé des démarches auprès de l'ambassade de Chine en France et de l'ambassade de France en Chine pour essayer de débloquer la situation, indique M. Croissandeau. "Jusqu'à présent, on espérait encore pouvoir trouver une solution à l'amiable qui permette à notre correspondante de continuer à exercer son métier là-bas".

"Mais les autorités chinoises se sont montrées inflexibles. Elles n'ont pas voulu entendre notre point de vue", souligne le directeur de l'Obs. A ses yeux, "le sort d'Ursula Gauthier est un avertissement lancé par le pouvoir chinois à tous les reporters étrangers basés à Pékin". "S'il n'est plus permis aux correspondants en Chine de délivrer des analyses sur la situation dans ce pays, c'est dramatique", estime-t-il.

L'hebdomadaire (ex-Nouvel Observateur), né en 1964, "a toujours couvert l'actualité chinoise avec son regard, y compris dans des temps où c'était compliqué. Il n'avait jamais assisté à tel raidissement des autorités", assure M. Croissandeau.

"Demander des excuses publiques pour offense au peuple chinois, c'est des méthodes d'un autre temps", ajoute-t-il. "Mais ce n'est pas pour autant que L'Obs cessera de parler de la Chine", dit-il.

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Vos réactions

Portrait de DarkAngel
2/janvier/2016 - 06h00
La soupière a écrit :
Liberté d'expression , ou es-tu ? C'est triste pour Dieudonné lui il faut qu'il aille en chine pour faire rire librement !
Je ne serai pas contre
Portrait de DarkAngel
2/janvier/2016 - 06h00
Je ne vais pas m'en plaindre
Portrait de medo2511
26/décembre/2015 - 13h33

Les journalistes ne détiennent pas toutes les vérités mais seulement celles qui les arrangent... Comme en France ou ils manquent tous d'éthique et se permettent d'imposer leurs avis et de museler le peuple ! et en plus de copiner avec les politiques !

Avant de donner des leçons aux autres, apprenez à balayer devant votre porte !

Portrait de Tching
26/décembre/2015 - 11h04
Vous aurez la liberté en Chine quand vous donnerez la liberté a Dieudonné ! Parole de Chinois !

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