

La presse italienne s'insurge lundi contre la violence "et le climat de haine" en Italie après l'agression dont a été victime dimanche à Milan le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, dont le visage ensanglanté s'étale en une de tous les quotidiens.
"Violence constitutionnelle" titre en "une" Il Giornale (droite), quotidien de la famille Berlusconi au-dessus d'un gros plan sur les blessures infligées au Cavaliere.
"L'assaillant est un fou mais les commanditaires moraux sont connus même chez certains hommes politiques de centre-droit", affirme le journal, selon lequel "ce n'est pas un hasard" si l'agression s'est produite "justement aujourd'hui et justement contre Berlusconi".
A gauche, pour le quotidien la Repubblica, "le film dramatique de la place de la cathédrale (de Milan où s'est produite l'agression, ndlr) témoigne de la dégradation du climat politique en Italie".
"Amis et adversaires, partisans et opposants doivent être solidaires (de Berlusconi), comme nous le sommes nous, sans aucune distinction", poursuit la Repubblica qui appelle à "se dresser contre l'insanité d'un tel geste", car "ce qui en jeu n'est rien moins que la liberté".
Le Corriere della Sera (centre) relève également "un climat empoisonné". "La haine politique est un monstre qui, déchaîné, est très difficile à dompter", écrit l'éditorialiste du quotidien, qui dénonce par ailleurs les carences du système de protection du chef du gouvernement.
Pour Il Messagero (centre), la condamnation de l'agression "ne peut être formelle" car il s'agit d'"un épisode d'une extrême gravité, qui ouvre une blessure dans le tissu politique de l'Italie".
"Le temps est venu de s'arrêter, de dire +ça suffit+", affirme Il Messagero. Quant à la Stampa (centre), elle s'insurge contre "les indignés à sens unique".
"Nous avons reçu de nombreux messages de personnes qui expliquent ce qui s'est passé et le comprennent comme une réaction à un gouvernement qu'ils qualifient de +xénophobe, anti-démocrate et raciste+. (...) Comment est-il possible de démontrer une sensibilité à sens unique, se battre contre les violences et puis justifier une agression ?", commente le quotidien.
Tout en exprimant sa "solidarité" avec le chef du gouvernement, La Stampa, comme d'autres quotidiens, appelle l'ensemble des hommes politiques, y compris M. Berlusconi, à "baisser le ton et ouvrir la voie à une confrontation plus civile et respectueuse".
