03/04/2015 14:21

Décès du réalisateur Manoel de Oliveira: Le Festival de Cannes salue "un cinéaste exceptionnel"

Le Festival de Cannes a rendu hommage jeudi au réalisateur Manoel de Oliveira, qui s'est éteint à 106 ans, saluant "un cinéaste exceptionnel" et "un artiste complet", "phare de la culture européenne et mondiale".

"Manoel de Oliveira était un cinéaste aussi exceptionnel qu'il fût un homme rare. Un artiste complet qui ne cessait jamais d'entretenir avec la vie un rapport fait d'humour et de gourmandise", a souligné dans un communiqué le Festival de Cannes

Le cinéaste avait été récompensé par une Palme d'Or à Cannes, en hommage à sa carrière, en 2008, année de ses cent ans.

"Il venait du cinéma muet et connaissait la valeur de la langue et occupait la même place pour le cinéma portugais que Bergman pour la Suède, Kurosawa pour le Japon ou Fellini pour l'Italie", poursuit le texte.

"Plus encore qu'un cinéaste, Manoel de Oliveira était un exemple. Nous avons perdu un phare de la culture européenne et mondiale."

La Cinémathèque française a tenu de son côté à saluer "un très grand cinéaste", un "infatigable conteur d'histoires".

"Manoel de Oliveira était un paradoxe vivant, à la fois cinéaste des origines, des émotions premières, et cinéaste cultivé, raffiné, inspiré par la grande littérature (Claudel, Flaubert, Dostoïevski, Madame de La Fayette, Agustina Bessa-Luis...), auteur de grands films romanesques", a souligné dans un communiqué le directeur de la Cinémathèque, Serge Toubiana.

La ministre de la Culture Fleur Pellerin a salué de son côté dans un communiqué les adaptations de chefs d'oeuvres de la littérature française faites par le cinéaste.

"Si son oeuvre est profondément marquée par la littérature et le théâtre de son pays, Manoel de Oliveira nous a offert aussi une magnifique adaptation, véritable tour de force, du chef-d'oeuvre de Claudel, Le Soulier de satin. C'est encore une adaptation d'un autre grand texte français, Madame Bovary, qui lui vaudra de s'imposer au-delà de son Portugal natal, et c'est avec La Lettre, inspirée de La princesse de Clèves, qu'il décroche le Prix du jury au Festival de Cannes en 1999".

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Les plus vus