03/11/2014 13:25

La presse britannique s'inquiète pour la protection de ses sources

Par James PHEBY

La presse britannique craint pour la protection de ses sources face à la police qui, selon elle, abuse de ses pouvoirs au point que le gouvernement lui-même réfléchit à amender la législation.

Épinglés pour leurs propres abus d'espionnage, sanctionnés par le sabordage spectaculaire du tabloïd News of the World en 2011, les journaux s'inquiètent aujourd'hui après deux récentes affaires où les services de sécurité ont cherché à remonter des scoops en traquant les sources de leurs salariés.

La première a touché le quotidien le plus lu du pays, le Sun. La police a mis sur écoute son rédacteur en chef politique, Tom Newton Dunn, pour débusquer les officiers qui ont informé le journal dans le scandale du "Plebgate", où des policiers ont été reconnus coupables de faux témoignage, conduisant un membre du gouvernement à la démission l'année dernière.

La deuxième affaire, très similaire, a touché le Mail on Sunday, mis sous surveillance après avoir publié une histoire sur une fraude aux contraventions d'un député, Chris Huhne. L'information avait également fuité grâce à des policiers indiscrets.

Dans les deux cas, les autorités se sont appuyées sur la controversée loi Ripa (Regulation of Invest Powers Act) introduite en 2000 et principalement utilisée pour lutter contre le terrorisme. Elle permet de mettre sur écoute des personnes sans l'autorisation préalable d'un juge.

L'absence de trace devant un tribunal signifie que d'autres journaux que le Sun et le Mail on Sunday ont pu être espionnés sans qu'ils ne soient au courant.

Le recours à cette loi constitue une entorse grave à la liberté de la presse selon la profession au nom de laquelle l'organisation de presse "Bureau of Investigative Journalism" a porté l'affaire devant la Cour des droits de l'Homme.

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