01/07/2014 09:51

Laurent Joffrin, nouveau directeur de Libération veut conserver son "identité de gauche" mais "réinventé pour le numérique".

Laurent Joffrin, directeur pressenti de Libération, a présenté lundi au personnel son projet pour le journal : bâtir un "nouveau Libération" conservant son "identité de gauche" mais "réinventé pour le numérique".

Mercredi, le personnel de Libération votera : pour être nommé, Laurent Joffrin, qui a déjà dirigé "Libé" de 2006 à 2011, doit recueillir "moins de 66% de voix contre lui", selon les statuts du journal.

Il a longuement insisté sur sa volonté de conserver l'"identité de gauche" du journal.

Pour lui, Libération doit même "réinventer la gauche".

"Libération doit être un journal de toutes les gauches, mener la bataille politique, d'autant plus que la droite domine. On ne va pas laisser Le Figaro, Valeurs Actuelles, Les Echos, L'Express, L'Opinion dominer toute le débat public", a-t-il déclaré.

"Il y a L'Humanité, qui est un journal de parti, et Le Monde, qui est très bien mais faux-cul politiquement.

Une voix de gauche, il n'y en a plus". Prenant l'exemple des écoutes de la NSA ou de l'effondrement d'ateliers textile au Bangladesh, il a estimé qu'un journal comme Libération pourrait mener des campagnes sur de tels sujets.

Il peut "devenir une tête de réseau de tout un ensemble d'ONG, qui nous alimentent en informations et en prises de positions", a-t-il expliqué. Il a aussi préconisé "un vrai virage numérique", faute de quoi "un journal est condamné", a-t-il dit, confirmant l'arrivée comme numéro deux de Johan Hufnagel, ex-rédacteur en chef de Slate.

Le numérique doit arriver d'abord, avec dans l'ordre "Twitter, les réseaux sociaux, le web et le journal papier".

"Le centre de gravité change. Cela a des conséquences sur le journal papier, qui devient un magazine de tous les jours". Pour lui, "il faut développer les nouvelles sources de revenus sur le web", comme des contenus numériques en partie payants, "et d'autres formes d'activité, si elles sont cohérentes avec la nature de Libération".

Mais "ce n'est pas à 62 ans que je vais démarrer une nouvelle carrière de restaurateur", a-t-il lancé, allusion au projet des actionnaires de créer un restaurant dans l'immeuble de Libération.

Laurent Joffrin veut aussi "revoir l'organigramme, fusionner les rédactions web et papier avec les mêmes responsables, travailler par petits groupes, changer le système rédactionnel".

"Si je réussis à faire un journal de la gauche indépendante non conformiste, rénové pour le numérique, j'aurai servi de trait d'union entre les fondateurs, Serge (July), et la nouvelle génération, à qui on passera le flambeau", a-t-il ajouté.

Au bord de la faillite pendant des mois, Libération va être racheté et recapitalisé à hauteur de 18 millions d'euros, apportés principalement par le patron de Numericable et acquéreur de SFR, Patrick Drahi.

Celui-ci deviendra actionnaire à hauteur de 50% de la holding détenant Libération. Le reste sera entre les mains de l'homme d'affaires Bruno Ledoux et de plusieurs autres actionnaires.

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Vos réactions

Portrait de Koro
9/juillet/2014 - 05h46
Caramella a écrit :

J'espère qu'il va se planter

Rhooo smiley

Portrait de Koro
9/juillet/2014 - 05h46
thierry_70 a écrit :

ça fera plaisir à Hollande

On imagine bien

Portrait de Koro
9/juillet/2014 - 00h00

Il va remuer encore plus la m... smiley

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