04/03/2014 07:23

Les journalistes de Libération accusent un de leurs actionnaires d'avoir voulu "détourner la marque Libération à son profit"

Bruno Ledoux, l'un des principaux actionnaires de Libération, aurait tenté de "détourner la marque Libération à son profit", selon un courrier de l'ex-directeur général Philippe Nicolas, dévoilé par les salariés de Libération qui signent un article dans le journal mardi.

Dans ce courrier envoyé à tous les actionnaires le 20 février Philippe Nicolas, directeur général qui venait d'être révoqué la veille, y affirme avoir été "le dernier rempart" des intérêts du journal en s'opposant "depuis des semaines au détournement de la marque Libération, que Bruno Ledoux tente de récupérer à son seul profit" et de "sortir de la société pour se l'approprier au détriment du journal".

Les salariés de Libération écrivent que ce projet serait né en novembre.

Bruno Ledoux et son associé François Moulias "font savoir à Philippe Nicolas que, en échange de l'argent déjà apporté au journal, les actionnaires ont besoin de prendre des garanties en nantissant la marque, c'est-à-dire en la gageant", racontent-ils.

Un tel nantissement avait déjà été mis en place au profit des banques, au début des années 2000 "mais en toute clarté et avec l'accord des dirigeants et des représentants des personnels", écrivent les salariés de Libération.

"A l'automne 2013, les choses se sont faites en toute opacité. Un protocole d'accord est transmis au directeur général à la fin de l'année.

Il prévoit que la marque Libération, qui appartient à la SARL Libération, soit apportée sous forme de caution au holding Refondation (qui détient 95% du journal)".

"En cas de dépôt de bilan de Libération, cela rendrait caduque toute offre de reprise. Qui rachèterait un journal sans nom ?", poursuivent-ils.

"En revanche, le holding Refondation pourrait alors lancer son fameux projet d'espace culturel siglé +Libération+, sans que personne ne puisse s'y opposer". Mais ce projet échoue, car Philippe Nicolas refuse de signer ce protocole, indique le texte paru dans le journal.

Depuis M. Nicolas a été révoqué et remplacé par François Moulias et Bruno Ledoux est devenu président du conseil de surveillance. M. Ledoux a reconnu qu'un nantissement avait été envisagé mais ensuite abandonné.

Selon sa réponse, citée par l'article, "le document auquel se réfère Monsieur Philippe Nicolas n'était qu'un projet de 2013 entre Refondation, et non moi-même, et Libération concernant la mise en place d'une éventuelle garantie, projet qui n'a pas été poursuivi".

Les salariés de Libération concluent qu'ils "n'accepteront jamais un projet qui prévoit une dépossession de leur nom, et donc de leur identité".

Dans un communiqué distinct, les élus du personnel de Libération déclarent "s'alarmer d'une manoeuvre, élaborée en secret, qui pourrait mettre l'avenir d'un des principaux titre de la presse française en péril".

Proche de la faillite, Libération devrait voir son sort se jouer dans les prochaines semaines.

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Vos réactions

Portrait de DarkAngel
12/mars/2014 - 04h58
jarod26 a écrit :

rip à libération

Je suis si triste

Portrait de DarkAngel
12/mars/2014 - 04h58
Milie01 a écrit :

La mauvaise pub pour libé

Ils vont s'en remettre
Portrait de DarkAngel
12/mars/2014 - 00h01

A mon avis il doit en avoir plusieurs

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