10/09/2013 18:05

Les étudiants sont de plus en plus nombreux à renoncer à se soigner faute d'argent

Les étudiants sont de plus en plus nombreux à renoncer à se soigner faute d'argent, selon une étude d'Emevia, un réseau national de mutuelles de proximité, publiée mardi.

17,4% des étudiants déclarent avoir renoncé à des soins les six derniers mois pour des raisons financières, un chiffre en augmentation de 2,4 points par rapport à 2011, a précisé Emevia qui mène des enquêtes tous les deux ans depuis une quinzaine d'années.

"C'est un renoncement plus qu'inquiétant", a assuré à l'AFP Cédric Chevalier, président d'Emevia. "Il y a une vraie problématique de santé publique sur cette population-là", a-t-il ajouté.

Cette augmentation s'explique par les capacités financières des étudiants "toujours un peu plus dégradées par rapport aux années antérieures", est-il précisé dans l'étude, 49,5% d'entre eux ayant ressenti des difficultés financières au cours de l'année.

"Les femmes renoncent plus aux soins que les hommes (21,6% contre 12%)", a observé par ailleurs le réseau de mutuelles.

Face à la maladie, seulement 53,1% des étudiants recourent à un médecin traitant (contre 56,9% en 2011). Près de la moitié d'entre eux (47%) pratiquent l'automédication et un peu plus d'un tiers (33,1%) consomment des médicaments donnés par un proche.

Moins d'une étudiante sur deux (48%) a consulté un gynécologue en 2013, alors qu'elles étaient 52,1% en 2011, un "recul inquiétant", pour Emevia.

Le réseau de mutuelles a également dénoncé "le mal-être étudiant" qui "s'est très nettement aggravé" entre 2011 et 2013, avec notamment en cause l'augmentation des comportements de rejet (raciste, sexiste, homophobe, etc.) "qui sont passés de 8,1% en 2011 à 12,4% en 2013".

Ce rejet s'exprime sous forme d'injures et de harcèlement moral (10% en 2013 contre 7,4% en 2011) mais aussi d'agressions physiques (2,4% en 2013 contre 0,7% en 2011).

Emevia souhaite alerter les pouvoirs publics sur l'élargissement d'un chèque santé ou encore "la consultation gynécologique pour les femmes de 18 à 25 ans, qui pourrait être prise en charge à 100% par l'assurance maladie", a détaillé le président d'Emevia.

L'enquête a été menée auprès de 6.134 étudiants représentant un échantillon national, en partenariat avec l'institut CSA.

Cette difficulté des étudiants à accéder aux soins a également été mise en lumière par des syndicats étudiants comme l'Unef et la Fage dans leur enquête liée au coût de la rentrée et de l'année universitaire.

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Vos réactions

Portrait de Ridley
14/septembre/2013 - 07h26
Milie01 a écrit :

Qu'ils demandent à leurs parents :arrow:

J'aurai fait ça si j'étais à leur place

Portrait de Ridley
14/septembre/2013 - 07h26

ça a bien changé la vie d'étudiant 

Portrait de Hanaé
11/septembre/2013 - 14h38
Helios a écrit :
Je sourit quand des gens qui ont vécu dans les années 80 90 comparent avec la situation d'aujourd'hui !!! Bienvenu en France le pays où même les parents se regardent le nombril plutôt que la santé de leurs enfants !!!

Daccord a 200%

 

Portrait de nina83
11/septembre/2013 - 08h24

Y'a pas que les étudiants qui y renoncent.... et eux sont moins malades vu leur âge.... plein de gens n'ont plus de mutuelle, les chômeurs en particulier, qui s'en soucie ?

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