Karim Bouamrane
Les partis politiques britanniques ont annoncé lundi être parvenus à un accord pour réguler la presse, après le scandale des écoutes dans le pays, un consensus qui devrait éviter au Premier ministre conservateur, David Cameron, un camouflet au Parlement.
Tous les partis et la majorité des médias s'accordaient sur la nécessité d'une réglementation plus contraignante afin d'éviter les dérives du passé, mais ils divergeaient sur la formule appropriée, avec ou sans encadrement législatif.
"Il y a un accord", a déclaré sur la BBC la vice-présidente du Parti travailliste, Harriet Harman, à la suite d'une nuit de négociations et alors que les détails du compromis n'étaient pas encore connus.
Les négociations qui duraient depuis des mois visaient à définir un nouveau système de régulation de la presse, au regard des conclusions rendues fin 2012 par la commission Leveson, mise en place à cause du scandale des écoutes téléphoniques au journal News of the World.
Ce tabloïd est soupçonné d'avoir fait écouter des centaines de personnes pour alimenter sa machine à scoops, une affaire qui a suscité l'indignation de l'opinion publique au Royaume-Uni. Emporté par le scandale, le journal de Rupert Murdoch a mis la clé sous la porte en juillet 2011.
Jeudi, David Cameron avait affirmé que les négociations entre partis avaient échoué, et il avait annoncé qu'un texte, non endossé par les partis, serait soumis lundi aux députés. Mais devant le risque qu'il soit rejeté, les formations politiques s'étaient engagées dans des négociations de dernière minute.
Lundi, les différents camps revendiquaient la victoire.
Selon Mme Harman, le nouveau système de régulation de la presse s'inscrira dans une "charte royale", un document qui définit le fonctionnement d'un organe à l'instar de la BBC et de la Banque d'Angleterre, comme le souhaitait le Premier ministre.
Mais cette charte sera protégée par une loi stipulant que les chartes royales ne peuvent être modifiées sans une majorité des deux-tiers des députés, s'est-elle réjouie.
Son parti insistait en effet sur la nécessité que le nouveau système soit inscrit dans la loi, comme le recommandait la commission Leveson pour éviter de nouvelles dérives type écoutes téléphoniques.
"Le cadre (de la régulation de la presse) est déterminé dans la charte royale. Et nous aurons un peu de législation, un peu de loi, que les ministres ne pourront pas modifier", a déclaré Mme Harman.
La ministre de la Culture, Maria Miller, membre du Parti conservateur, s'est elle félicitée sur la BBC d'avoir "stoppé cette forme extrême de loi de la presse" défendue par les travaillistes et les libéraux-démocrates, membres du gouvernement de coalition.
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