02/11/2012 17:19

EU: Le premier film sur Ben Laden diffusé deux jours avant la présidentielle sur National Geographic

Par Robert MacPherson 

Tout est une question de calendrier dans le show business, mais John Stockwell, le réalisateur du premier film sur l'opération commando qui a tué Oussama Ben Laden estime qu'il est peu probable que la première, diffusée à la télévision dimanche, change la donne de l'élection présidentielle américaine.

L'annonce, le mois dernier, que le film "SEAL Team Six: The Raid on Osama bin Laden" (Seal équipe six: le raid contre Oussama Ben Laden) serait diffusé pour la première fois par la chaîne câblée National Geographic, juste deux jours avant le scrutin présidentiel du 6 novembre, a suscité des interrogations.

Le fait que Harvey Weinstein, le puissant producteur d'Hollywood et collecteur de fonds pour la campagne d'Obama, soit le distributeur et l'un des directeurs de la production de ce thriller de 90 minutes, a alimenté le battage autour du film.

Dans un entretien, jeudi, le metteur en scène John Stockwell a cependant réfuté le soupçon de propagande en faveur du président sortant et nié que le film vise à lui rallier les indécis moins de 48 heures avant l'ouverture des bureaux de vote.

"Ce film n'a jamais été écrit ou tourné dans cette intention", a-t-il assuré à l'AFP.

"Pensez-vous vraiment qu'il y ait des gens qui ne sachent pas qu'Oussama Ben Laden a été tué sous la présidence Obama, et que le film va le leur apprendre? J'en serais bien étonné", a-t-il ajouté.

L'opération audacieuse en mai 2011 d'un commando d'élite de la Marine américaine contre le chef d'Al Qaïda, a constitué un événement spectaculaire du premier mandat d'Obama.

Le président apparaît souvent dans le film, tourné en Inde et au Nouveau-Mexique, mais seulement sous forme d'images d'archive, tirées pour la plupart du site web de la Maison Blanche.

Cam Gigandet, --l'un des vampires dans "Twilight"--, est la star du commando des Seal, où l'on retrouve également le rappeur Xzibit. Kathleen Robertson, connue pour son rôle dans la série "Beverly Hills, 90210" campe elle une analyste de la CIA.

Ben Laden est interprété par Yon Kempton, qui ne dit pas un seul mot avant d'être abattu dans une chambre sans lumière, une Kalachnikov à la main.

Quant à la date de sortie du film, John Stockwell a indiqué que c'était la chaîne National Geographic (propriété du groupe conservateur Murdoch) qui l'avait choisie. Kathleen Robertson ne cache pas à ce sujet que l'objectif était de faire la plus grosse audience ce dimanche.

Le film sera ensuite mis en ligne par Netflix lundi, puis diffusé en salles à partir du jeudi 8.

Un autre film sur la traque de Ben Laden -"Zero Dark Thirty"-, réalisé par Kathryn Bigelow, Oscar 2010 pour son film "Démineurs" qui se déroule en Irak, sera diffusé par Sony en 2013.

Coïncidence, le producteur de "Démineurs", le Français Nicolas Chartier, est également celui de "Seal Team Six".

Pour se documenter, Stockwell s'est entretenu avec des membres actuels ou anciens des Seals, ainsi qu'avec des responsables des renseignements ou de la Maison Blanche, mais à titre officieux et sans possibilité de recouper l'information.

"Je n'ai pas eu de collaboration officielle, ni d'accès officiel à quoi que ce soit", a indiqué Stockwell. "Ce qui m'a fasciné... c'est de constater les nombreuses querelles intestines au sein des services de renseignement, de la Maison Blanche et du ministère de la Défense, et à quel point les choses auraient pu mal tourner".

La plus grande partie du film a été tournée avant la publication en août du livre "Une dure journée" ("No Easy Day"), écrit sous un pseudonyme par un membre de la véritable équipe des Seals, et selon lequel Ben Laden n'était pas armé quand il a été tué.

"La vérité est que dans 10 ans, on ne connaîtra toujours pas la véritable histoire de cette mission (...) Qui peut donner la version véritable et exhaustive des faits?", a lancé Stockwell.

Canadienne, Kathleen Robertson, qui joue en ce moment dans "Boss", une série télévisée qui traite des coulisses du pouvoir à Chicago, admet pour sa part sa stupéfaction devant la fureur déchaînée aux Etats-Unis par la sortie du film.

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Vos réactions

Portrait de beldemai
3/novembre/2012 - 08h54 - depuis l'application mobile

Il a vraiment peur de ne pas se faire réélire , Barack.

Portrait de yaka
3/novembre/2012 - 08h12

C'est trop d'honneur de faire un film sur un odieux personnage de la pellicule gâchèe je voudrai qu'il fasse un bide

Portrait de Laurent93
2/novembre/2012 - 18h37 - depuis l'application mobile

Si ça ce n'est passe la propagande pro américaine alors faut expliquer ?

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