19/09/2012 15:33

Caricatures Mahomet: L'avocat de Charlie Hebdo juge "insupportable qu'il y ait un tabou"

Me Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo, qui a publié des caricatures du prophète Mahomet, a jugé "insupportable de laisser penser qu'il y aurait un tabou dont on ne pourrait jamais parler". Invité à commenter les réactions de responsables religieux qui ont dénoncé la publication de ces dessins, Me Malka s'est inquiété "qu'il y ait une coalition" de tous les responsables religieux pour s'insurger.

"Ce sont ces gens-là qui sont insupportables de laisser penser qu'il y aurait un tabou dont on ne pourrait jamais parler", a-t-il dit. "On est dans un pays laïc", dans lequel "la tradition de caricaturer le fait religieux remonte à plus d'un siècle", a-t-il rappelé, soulignant que le délit de blasphème n'existe plus. "Il y aurait un phénomène qu'on ne pourrait pas caricaturer, ce serait les débordements de l'islamisme !?", s'est-il insurgé.

"On n'a rien reçu de notre côté, mais j'attendrais ça très très sereinement", a-t-il dit au sujet d'une éventuelle plainte visant le journal. "Je fais davantage confiance à la justice qu'au monde politique pour faire preuve de raison et de courage", a-t-il dit, jugeant notamment les déclarations du Premier ministre Jean-Marc Ayrault "frileuses".

Ce dernier a désapprouvé mercredi "tout excès" et souligné que les personnes choquées peuvent saisir la justice. Me Malka aurait plutôt souhaité que le Premier ministre "s'inspire" des déclarations faites en 2007 par François Hollande, alors qu'il n'était pas encore chef de l'Etat, au procès de l'hebdomadaire satirique, qui avait publié une caricature du prophète en couverture. Charlie Hebdo avait été relaxé.

"+On a le droit de se moquer de la religion en tant que telle+, +on ne peut pas au nom d'une frustration, par ailleurs légitime, mettre en cause la liberté d'expression+", avait notamment dit M. Hollande, selon Me Malka, qui avait fait sténographier ces déclarations.

"+Charlie Hebdo a publié ces dessins, ce n'était pas une atteinte à une croyance mais à une dérive de cette croyance+", avait dit François Hollande, selon l'avocat. Il s'est en revanche réjoui des propos du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui a rappelé que la liberté d'expression, dont la caricature, est un "droit fondamental".

"Ses déclarations me réchauffent le coeur", a dit Me Malka.

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