17/09/2012 18:05

Un nouveau master ambitionne de renouveler le journalisme par la diversité

Originaires de banlieue parisienne, des étudiants issus de milieu modeste intègrent lundi une nouvelle formation de journalisme à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) dont l'ambition est de renouveler la profession avec des talents atypiques et "issus de la diversité".

"Il ne s'agit pas d'une formation de plus", prévient Nordine Nabili, 45 ans, directeur du Bondy Blog et l'un des intervenants, alors que la France compte déjà une centaine de filières spécialisées, dont treize écoles reconnues par la profession.

L'ambition de ce master de l'université de Cergy-Pontoise est de bousculer le recrutement dans les rédactions où, selon lui, on donne "trop souvent" la part belle à "des jeunes ayant fait un IEP, puis une grande école".

Elle s'inscrit dans la mouvance de récents concepts pour attirer des profils différents comme le partenariat entre l'ESJ et le Bondy Blog, la Chance aux concours du CFJ, l'expérience de la fondation TF1 et plus récemment celle du Monde qui ouvre son "académie".

Pour Jean-Claude Lescure, responsable du master de Gennevilliers, le phénomène de reproduction sociale est encore "très fort" dans les écoles, privilégiant "des jeunes gens issus de CSP+".

Ces dernières "tentent d'y répondre, mais la sociologie des étudiants évolue peu, et les classes populaires passent souvent à côté", explique cet historien de 50 ans, ancien directeur du master de journalisme de Sciences po Paris.

Les principaux freins ? Un coût de scolarité encore "trop élevé", selon Nordine Nabili, malgré les efforts faits pour les boursiers par certaines écoles reconnues.

Mais surtout, une "méconnaissance des réalités" du métier pour les jeunes issus de quartiers populaires qui rencontrent "des difficultés pour accéder à des stages avant de passer les concours", souligne Jean-Claude Lescure.

"S'ils ne sont pas épaulés, ils ne sont pas pris", dit-il.

Confiance en soi

Cela résulte souvent d'un problème de confiance en soi. "Je n'y croyais plus, étant donné la difficulté. Je pensais n'avoir plus aucune chance, ayant fait un bac pro commerce et une licence de lettres", affirme Sala Sall, 24 ans, qui fait partie de la première promotion du master de Gennevilliers.

La jeune femme de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a eu "la chance" d'effectuer un stage à Radio France et au magazine L'Etudiant qui l'ont "débloquée". "J'ai pris conscience que j'avais le niveau de n'importe quel autre stagiaire", dit-elle.

Comme elle, la majorité des douze étudiants du master de journalisme sont boursiers sur critères sociaux. Recrutés après des épreuves écrites et un oral de motivation, ils vont suivre un cursus classique avec des spécialités dans le journalisme web et télévisuel.

La deuxième année se déroulera en apprentissage pour préparer leur insertion professionnelle et leur offrir une source de revenus.

A Gennevilliers et à Sarcelles (Val-d'Oise), où ils auront temporairement leur studio-télé, ils "s'investiront localement pour les besoins de leurs reportages", souligne Nordine Nabili. "Pas question pour autant d'en faire des spécialistes de la banlieue", précise-t-il.

Pour le journaliste et écrivain Nadir Dendoune, 39 ans, originaire de l'Ile-Saint-Denis, et passé par le CFJ, ces jeunes devront surtout avoir de la "résistance" et du "charisme" pour "imposer leurs idées et leurs angles" s'ils ne veulent pas "se faire bouffer sur le marché du travail".

La véritable révolution serait, selon lui, d'avoir dans une promotion "dix jeunes de milieu populaire et dix autres issus de familles aisées". Ou, "mieux", de former de futurs journalistes à partir de 30 ans. "Là, c'est sûr, on aurait des profils variés avec une perception différente", estime-t-il.

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Vos réactions

Portrait de caramelus
17/septembre/2012 - 22h39

en tant que futur journaliste auront -ils la même chose  lu sur le nouvel obs.

smileyDepuis mai dernier, une pétition circule sur internet. Son titre : "Mettons fin aux privilèges fiscaux des journalistes". En cause : l’allocation pour frais d’emploi, 7.650 euros que les journalistes déduisent de leurs revenus imposables. Et qui permet à un professionnel gagnant 3.000 euros par mois de voir le montant de ses impôts "divisé par près de deux" :

Portrait de FautPasPousser
17/septembre/2012 - 20h57

Va falloir faire un stage dans les banlieues pour comprendre les articles! Faudra penser à embaucher un correcteur par pseudo journaliste.......

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