14/09/2012 10:29

Un journaliste de la BBC retenu près de six heures puis refoulé de Gambie

Un journaliste de la radio britannique BBC dépêché en Gambie la semaine dernière à la suite d'exécutions de prisonniers a raconté jeudi avoir été retenu près de six heures à l'aéroport et contraint de quitter le pays, sans avoir pu faire son travail et sans motif indiqué.

"Je suis arrivé à Banjul le mercredi 5 septembre vers 15H00 (locales et GMT), j'ai été au poste de police vers 15H30 et je n'ai pas été libéré avant presque 21H00. Le vendredi 7 septembre, j'étais dans l'avion à midi", a expliqué Thomas Fessy, de nationalité française, correspondant de la BBC pour l'Afrique de l'Ouest basé à Dakar.

Sa mésaventure n'a été révélée que jeudi par la BBC sur ses antennes, en français et en anglais.

"La seule raison apparente (de la rétention par la police), clairement, c'était que je suis journaliste", a déclaré M. Fessy, ajoutant avoir été relâché grâce à l'intervention de l'ambassade de la Grande-Bretagne à Banjul contre la promesse qu'il quitte la Gambie.

Il a précisé n'avoir "pas reçu de mauvais traitement", et n'avoir été "ni agressé, ni menacé".

Il se rendait en Gambie à la suite de la révélation par les autorités de l'exécution, le 26 août, de neuf détenus condamnés à mort. Dans un message à la Nation le 19 août, le président gambien Yahya Jammeh avait déclaré que tous les prisonniers condamnés à mort seraient exécutés avant la mi-septembre.

"J'avais tout fait dans les règles. J'avais un visa pour me rendre en Gambie", visa demandé "en tant que journaliste de la BBC. A aucun moment, je n'ai essayé de cacher mon identité, mon métier ou le pourquoi de ma venue" et "les autorités gambiennes étaient au courant, en amont, de mon voyage", a assuré M. Fessy.

"J'étais également en contact avec le ministère de l'Information, les officiels de la présidence, puisque j'avais même fait une demande d'intervieuw avec le président Jammeh", a-t-il indiqué.

"Evidemment, quand on va en Gambie en tant que journaliste, on est conscient du fait qu'on peut être espionné ou surveillé à chaque instant de nos reportages, mais puisque je n'ai même pas eu le temps de commencer mes reportages, je n'ai pas été dans cette configuration", a-t-il dit.

Des organisations de défense des droits de l'Homme et de la liberté de la presse dénoncent régulièrement les violations de la liberté de la presse et de la liberté d'expression en Gambie, pays anglophone d'Afrique de l'Ouest dirigé d'une main de fer depuis 1994 par Yahya Jammeh.

Ces dernières années, des ONG ont fustigé des cas d'assassinats et de disparitions de journalistes en Gambie.

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