01/06/2012 15:01

Canal+ va diffuser "L'Affaire Gordji", un téléfilm sur le duel Mitterrand-Chirac

Septembre 1986, une bombe explose rue de Rennes à Paris. Un acte de guerre à peine voilé de l'Iran, qui va s'immiscer dans le duel entre François Mitterrand et son Premier ministre, Jacques Chirac. Canal+ se plonge lundi dans "L'Affaire Gordji, histoire d'une cohabitation."

Cet attentat, le dernier d'une longue série qui s'abat sur la France depuis un an, laisse le patron de la DST (Michel Houellebecq) impuissant. Mais la ténacité d'un jeune inspecteur mène au démantèlement du réseau terroriste.

L'enquête le conduit alors jusqu'à Wahid Gordji, numéro 2 officieux à l'ambassade d'Iran. Le contentieux de la dette Eurodif, jamais totalement honorée par la France, ainsi que son soutien à l'Irak contre laquelle la nouvelle République islamique est en guerre ressurgissent.

A cela s'ajoute la question des otages français détenus au Liban, dont l'Iran a la clef. L'affaire prend un tournant diplomatique.

Le réalisateur Guillaume Nicloux ("Le Poulpe", "Holiday") retrace l'affaire avec un point de vue subjectif assumé, que ce soit dans l'ajout de personnages fictifs ou dans le choix des acteurs sans ressemblance avec les personnages historiques qu'ils incarnent.

"L'interprétation des faits historiques est plus importante que le suivi trop précis et trop fermé d'un événement. Mon parti pris, c'est de laisser le téléspectateur se faire son propre cheminement à travers l'histoire", explique-t-il.

Dans le rôle de François Mitterrand, Michel Duchaussoy incarne un président malade, mais qui trouve encore la force de ferrailler avec son Premier ministre RPR, Jacques Chirac, joué par un Thierry Lhermitte convainquant.

A quelques mois de l'élection présidentielle française, cette crise diplomatique avec l'Iran va se transformer en enjeu électoral majeur pour le président sortant et son adversaire de Matignon.

"J'ai trouvé l'angle d'attaque intéressant car il mêle à la fois les éléments terroristes de l'époque et la cohabitation Mitterrand-Chirac", explique Guillaume Nicloux qui a travaillé sur le scénario de Marc Syrigas.

Le film raconte l'histoire telle qu'elle aurait pu se passer dans les salles enfumées du RPR, de la DST et du juge d'instruction, jusque dans les salons feutrés du palais de l'Elysée et de l'ambassade d'Iran.

La tension atteint son apogée lorsque le juge Boulouque, qui a finalement abandonné les poursuites contre Gordji, apprend que la Chancellerie autorise son inculpation pour violation du secret de l'instruction. La raison d'Etat l'a emporté.

Guillaume Nicloux signe une fiction politique réussie sur un épisode mal connu de l'histoire récente.

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Vos réactions

Portrait de INDI34
2/juin/2012 - 12h09

Question sujet : passionnant. Question acteurs : Duchaussoy surement son dernier role, grand acteur... Lhermitte en Chirac à voir ????. Mais que vient faire Houellebcq en directeur de la DST ???????

Portrait de Bloody Dreams
1/juin/2012 - 21h40
le mal aimé a écrit :

Déçu d'apprendre que pleins de civils sont morts et que des journalistes ont été kidnappés parce que Mitterrand ne voulait pas payer sa dette à l'Iran

Malheureusement , si Mitterrand ou un autre président aurait payer cette dette, je pense comme beaucoup de monde je pense, qu'ils auraient peut être recommencé ...

Portrait de le mal aimé
1/juin/2012 - 17h24

Déçu d'apprendre que pleins de civils sont morts et que des journalistes ont été kidnappés parce que Mitterrand ne voulait pas payer sa dette à l'Iran

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