Avril 2002: le travail des journalistes mis en cause
Ce soir, ARTE diffuse une fiction réalisée par William Karel, qui évoque le quotidien d'une rédaction de JT à la veille du 21 avril 2002 et remet en cause le travail des journalistes dans les chaînes de télé. Son titre: "Poisson d'avril".
Le film se déroule du 5 mars au 21 avril 2002, c'est-à-dire du sondage créditant Le Pen de moins de 8 % des intentions de vote jusqu'à l'élimination de Lionel Jospin au second tour de la présidentielle.
Pendant ces deux mois de campagne, le thème de "l'insécurité" fait la une de tous les journaux télévisés. Un matraquage médiatique où cohabitent des images de voitures en flammes (aussi bien en France qu'à Jérusalem), la tuerie de Nanterre, les vrais-faux faits divers, les micros-trottoirs tronqués et les petites phrases montées en épingle.
Par le biais d'une fiction très vraisemblable, William Karel décortique les pratiques de ces journalistes qui sont prêts à toutes les manipulations pour faire grimper l'audience. L'affrontement de deux conceptions professionnelles, incarnées avec force par Olivier Gourmet et Bruno Todeschini, permet de comparer deux versions d'un même fait - au téléspectateur d'apprécier ensuite l'information qui lui est servie sur le plateau du 20 heures.
La dimension documentaire de Poison d'avril, parfaitement maîtrisée, nous fait revivre avec une vive émotion ces heures cruciales d'avril 2002.
Dans cette reconstruction, qui mêle aussi bien les vrais épisodes de la campagne électorale que les analyses politiques du réalisateur, les candidats Jospin, Chirac et Le Pen ainsi que les présentateurs de TF1 et de France 2 tiennent parfaitement leur rôle. Un rôle mis en lumière avec le recul nécessaire, mais sans complaisance.
effectivement le meilleur allié de séolène royal au premier tour, c'est qu'il y a eu le 21 avril et que les électeurs de gauche ne referont pas la même erreur !