16/02/2012 13:01

Le Monde et Le Parisien assignés pour "atteinte à la présomption d'innocence"

Le préfet de police de Paris Michel Gaudin a assigné au civil pour "atteinte à la présomption d'innocence" les quotidiens Le Monde et Le Parisien, ainsi qu'un des plaignants dans l'affaire de l'IGS portant sur des soupçons d'enquête truquée en 2007, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier.

Le Monde avait révélé le 11 janvier qu'une enquête était en cours après des plaintes d'anciens fonctionnaires de la préfecture de police de Paris un temps mis en examen pour des soupçons de fraude aux titres de séjour, puis suspendus avant d'être blanchis par la justice.

Ces fonctionnaires accusent l'IGS d'avoir truqué son enquête pour écarter durant la période de la présidentielle de 2007, Yannick Blanc, un haut fonctionnaire de la PP, proche de la gauche. M. Blanc et quatre fonctionnaires avaient été placés en garde à vue et ces derniers mis en examen.

Bruno Triquenaux, l'un de ces fonctionnaires, ancien adjoint de M. Blanc, est visé par ces poursuites au civil du préfet de police de Paris devant le tribunal de grande instance de Paris. Une procédure au civil permet à la victime de demander des dommages et intérêts, mais en aucun cas le tribunal ne peut condamner les défendeurs à des peines de prison ou d'amendes. Selon l'une des sources, Michel Gaudin demande "1 euro" de dommages et intérêts.

Michel Gaudin a été entendu en décembre 2011 comme témoin assisté suite à une plainte de M. Triquenaux pour "violation du secret de l'instruction et recel". Il accuse le préfet de s'être servi d'éléments d'une procédure judiciaire afin de motiver sa suspension, ce qui est illégal. Michel Gaudin avait réfuté ces allégations dans un droit de réponse publié dans le Monde le 12 janvier.

"Je n'ai jamais eu connaissance d'éléments de procédure judiciaire pour proposer la suspension administrative de ce fonctionnaire", avait notamment dit le préfet.

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