26/04/2009 12:44

"Suspension temporaire" de la BBC en langue rwandaise

Le gouvernement rwandais a décidé de "suspendre temporairement" tous les programmes en langue nationale kinyarwanda de la Radio BBC à la suite d'une émission diffusée samedi et jugée controversée, a annoncé dimanche la ministre rwandaise de l'Information sur les ondes de Radio Rwanda.

"Le gouvernement rwandais a décidé d'annuler le contrat avec la Radio BBC pour ses programmes en langue kinyarwanda", a annoncé Louise Mushikiwabo dans une déclaration en langue nationale. Kigali reproche à la BBC d'avoir diffusé dans son émission hebdomadaire "Imvo n'Imvano" (Le fond du problème) des interviews "susceptibles" d'entraver les efforts d'unité et de réconciliation nationale, selon la même source.

Au cours de cette émission, un des opposants politiques au régime de Kigali, l'ancien Premier ministre Faustin Twagiramungu, exilé actuellement en Belgique, a ainsi affirmé que, en tant que Hutu, il ne pourrait jamais "s'incliner devant les Tutsi pour demander pardon" à la suite du génocide de 1994, selon la Radio Rwanda.

Un autre intervenant, que Radio Rwanda n'identifie pas, aurait affirmé que les corps de Rwandais échoués pendant le génocide sur les rives du lac Victoria étaient ceux de Hutu tués par la rébellion du Front patriotique Rwandais (FPR), actuellement au pouvoir.

Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement Tutsi et Hutu modérés, ont été tués lors du génocide rwandais en 1994. Selon les estimations, entre 8.000 et 20.000 d'entre elles ont été enterrées en Ouganda après avoir été charriées depuis le Rwanda par des rivières où elles avaient été jetées.

Ces déclarations ne visent d'autre objectif que "l'incitation à la haine parmi les Rwandais", a déclaré Mme Mushikiwabo qui a annoncé "la suspension immédiate et temporaire" des programmes de la BBC en langue nationale kinywarwanda et kirundi. Le gouvernement rwandais avait récemment adressé plusieurs mises en garde au service commun kinyarwanda-kirundi de la BBC, l'accusant de donner la parole aux "négationnistes".

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