18/01/2012 12:05

Affaire de "fadettes" à Marseille: Le Monde va porter plainte

Le Monde annonce mercredi qu'il va déposer plainte dans une affaire de "fadettes" à Marseille où un procureur se serait fait communiquer les factures téléphoniques détaillées de deux journalistes du quotidien travaillant sur des dossiers corses.

"Le Monde déposera donc plainte dans un troisième dossier, celui qui a vu le parquet de Marseille se procurer, dans le cadre d'une affaire criminelle, les fadettes de nos journalistes", écrit le quotidien dans un éditorial au lendemain de la mise en examen du procureur de Nanterre Philippe Courroye.

La juge d'instruction Sylvia Zimmermann a découvert incidemment, dans le cadre de l'affaire des "fadettes" du Monde, que le procureur de Marseille Jacques Dallest avait demandé en avril 2010 les factures téléphoniques détaillées de deux journalistes du quotidien après des articles sur la Corse en mai 2009 et janvier 2010.

"Les enquêteurs - magistrats comme policiers - et des avocats s'étaient vivement émus auprès du parquet de la mise sur la place publique de certains éléments d'enquêtes en cours, révélations susceptibles non seulement de nuire aux investigations, mais surtout de mettre en danger la vie de certains protagonistes de ces dossiers", avait dit en octobre le procureur de Marseille, Jacques Dallest, au site lemonde.fr.

Ces articles portaient sur une tentative d'assassinat ayant visé l'ancien chef nationaliste corse Alain Orsoni et sur l'assassinat d'une des figures du gang de la "Brise de mer", Richard Casanova. S'agissant de fadettes de journalistes, "Le Monde a clairement décidé d'engager une action judiciaire chaque fois que ce type de situation se renouvelle", a dit l'avocat du quotidien, Me François Saint-Pierre.

"Dans le cadre de sa procédure, la juge Zimmermann a découvert que le procureur de Marseille avait demandé les fadettes de deux journalistes sans que cela soit, à notre avis, justifié par la loi", a-t-il ajouté. Le procureur de Marseille avait déclaré en octobre 2011 avoir "agi en conformité avec la loi, qui autorise la saisie de facturations téléphoniques dans certains cas bien précis, par exemple lors d'affaires de criminalité organisée".

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Vos réactions

Portrait de caramelus
18/janvier/2012 - 13h16

je me pose une question , les personnes qui divulguent des documents elles risquent quoi?

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