13/01/2012 12:15

Présidentielle: La règle du temps de parole dérange les chaînes TV, les radios et le CSA

Dès le 19 mars, tous les candidats auront droit à un temps de parole égal, une contrainte dénoncée par les radios et télévisions et, paradoxalement, par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pourtant en charge de faire respecter cette réglementation.
Actuellement, la règle d'équité est de mise, basée sur la notion de représentativité du candidat. Mais une fois que le Conseil constitutionnel aura annoncé la liste des candidats entre le 19 et le 21 mars, à cinq semaines du premier tour, chaque candidat bénéficiera d'un temps égal de parole sur chaque chaîne et radio.
"On arrive à une situation paradoxale où il est plus facile de faire de la politique actuellement", dit Thierry Thuillier, directeur des rédactions de France Télévisions.
A tel point que le groupe public a programmé ses émissions politiques "Des paroles et des actes" jusqu'au 20 mars, "mais pas après".
"S'il y a 15 candidats, et on ne le saura que le 20 mars, on a du mal à imaginer une émission avec 15 candidats ! On a aussi du mal à imaginer quinze émissions de +Des paroles et des actes+ entre le 20 mars et le 22 avril", dit M. Thuillier.
De même pour les journaux TV, "si on fait 20 minutes de Sarkozy et 20 minutes de Hollande, on est obligé de faire 20 minutes pour les candidats qui font moins de 1% dans les sondages", relève M. Thuillier.
Résultat: chaînes et radios pourraient être incitées à réduire drastiquement les émissions politiques à partir de cette période, prévient Christine Kelly, sage en charge du temps de parole auprès du CSA.
"On peut souhaiter que les journalistes soient à même de faire correctement leur travail sans avoir de tutelle d'autorité indépendante", propose François Bachy, directeur adjoint de l'information pour TF1 et LCI en charge de la politique intérieure française.
Sur le dossier du temps de parole, le CSA dit ne pas avoir la main et renvoie la balle au Conseil constitutionnel. L'autorité audiovisuelle avait déjà évoqué la "complexité" du système dans son rapport post-électoral 2007. 
"L'extension de l'application du principe d'égalité des temps de paroles à cinq semaines avant le premier tour, au lieu de deux semaines en 2002, a suscité des contraintes éditoriales parfois difficiles à surmonter", écrivait alors le CSA.
Face à ces difficultés, le CSA "s'est battu auprès du Conseil constitutionnel pour éviter qu'il y ait trop de contraintes pour les chaînes" lors des élections 2012, raconte Mme Kelly.
L'autorité a proposé que le principe d'égalité démarre à l'ouverture de la campagne officielle, le 9 avril. Mais "le Conseil constitutionnel a dit non", selon Mme Kelly.
Pour le Conseil, tous les candidats ont droit au même traitement en terme de temps de parole dès lors qu'ils ont récolté les 500 signatures.

La Commission nationale de contrôle de la campagne 2007 avait également pointé les "contraintes excessives" de la règle d'égalité. Elle a "contribué à l'impossiblité, pendant cette période, d'organiser tout débat entre les candidats bénéficiant d'une notoriété plus importante", relevait la Commission, d'autant plus que l'offre de services audiovisuels s'est considérablement développée.

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Vos réactions

Portrait de La-mire
La-mire (non vérifié)
13/janvier/2012 - 13h26

ça m'étonne pas Hollande a fait un régime normal que son taux de matière grasse soit plus faible...!!

Portrait de mr00
13/janvier/2012 - 13h17

Alala ce que c'est beau de rêver.
J'admire ta candeur touchante et naïve. :)