22/12/2011 09:49

2011: année du printemps arabe et de tous les dangers pour les journalistes

Par Bertille OSSEY-WOISARD

 

Le printemps arabe et les contestations qui ont émaillé 2011 se sont avérés risqués pour les journalistes, puisque 66 d'entre eux ont été tués cette année, contre 57 en 2010, et un millier arrêtés ou interpellés, deux fois plus que l'an dernier, selon Reporters sans frontières.

Pour la première fois, RSF établit la liste des lieux les plus dangereux pour la presse, dans son rapport annuel publié jeudi. L'association de défense des journalistes donne la liste dans l'ordre alphabétique des pays où se trouvent ces endroits, refusant d'en faire une par degré de dangerosité.

Il s'agit de Manama (Bahreïn), Abidjan (Côte d'Ivoire), la Place Tahrir au Caire (Egypte), Misrata (Libye), l'Etat de Veracruz (Mexique), le district de Khuzdar (Pakistan), les zones métropolitaines de Manille, Cebu et Cegayan de Oro sur les îles de Luçon et Mindanao (Philippines), Mogadiscio (Somalie), Deraa, Homs et Damas (Syrie) et la Place du changement à Sanaa (Yémen).

Cette année, 66 journalistes ont été tués, dont 20 au Moyen-Orient et au Maghreb, contre 57 en 2010.

En 2009, 75 ont été tués, mais le chiffre avait été "gonflé" par le massacre de Maguindanao, dans le sud des Philippines, où 57 civils ont été exécutés, dont 32 journalistes, par un puissant clan musulman.

Le Pakistan se distingue en tant que pays le plus meurtrier au monde pour les journalistes, avec 10 tués, "assassinés pour la plupart". L'Amérique latine reste "très exposée à la violence et à l'insécurité". Quant à la Chine, l'Iran et l'Erythrée, ces pays demeurent "les plus grandes prisons du monde pour la presse", souligne RSF.

Doublement des arrestations et interpellations

RSF lie l'augmentation des journalistes morts en 2011 au printemps arabe et aux mouvements de contestation qu'il a parfois inspirés dans d'autres parties du monde, comme le Soudan ou l'Azerbaïdjan. Les protestations populaires dans plusieurs pays comme la Grèce, le Bélarus, l'Ouganda, le Chili ou encore les Etats-Unis (Occupy Wall Street) sont aussi responsables du lourd bilan 2011.

Lors du printemps arabe, "on s'en est pris physiquement aux journalistes parce que les choses se passaient dans la rue. Le contrôle de la presse passait par l'absence physique des journalistes dans les lieux de rassemblement", déclare à l'AFP Gilles Lordet, coordinateur de la recherche à RSF.

"En Egypte par exemple, dès que les autorités voyaient un journaliste, elles s'en prenaient à la personne physiquement, dans l'espoir que le mouvement ait le moins de résonance médiatique internationale possible", ajoute-t-il.

Non délivrance de visas, courtes privations de liberté, interpellations, convocations, les entraves au travail d'information se sont multipliées.

Les arrestations et interpellations ont doublé, s'établissant à 1.044, contre 535 l'an dernier. Les agressions se sont également aggravées. Près de 2.000 journalistes ont subi des agressions, alors qu'ils étaient 1.374 en 2010.

Depuis quelques années, RSF intègre les "net-citoyens" et les blogueurs dans son bilan annuel.

"C'est une composante essentielle de la liberté d'informer. Ce ne sont pas des journalistes professionnels mais ils tiennent la population informée par l'intermédiaire de leurs blogs et des réseaux sociaux dans des pays où l'information est muselée", dit M. Lordet.

Cinq "net-citoyens" ont été tués cette année (un en 2010). En outre, 199 blogueurs et net-citoyens ont été arrêtés, en hausse de 31% par rapport à 2010 et 62 agressés (+19%).

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Vos réactions

Portrait de souhad
22/décembre/2011 - 15h10

heureusement qui sont là , pour nous informer

Portrait de silex
22/décembre/2011 - 11h31

drôles de printemps..
mauvais temps pour les journalistes et régression pour les femmes arabes....
un despote peut en cacher un autre...

Portrait de La-mire
La-mire (non vérifié)
22/décembre/2011 - 11h30

respect à eux ..sans ces hommes et femmes le monde serait un brouillard éternel..!