08/12/2011 13:37

La Tribune: les salariés dénoncent une menace sur le pluralisme

Les représentants des salariés et des journalistes de La Tribune, appuyés par plusieurs sénateurs, ont dénoncé jeudi la menace sur le pluralisme de l'information économique après l'annonce d'une prochaine mise en redressement judiciaire du titre.

"L'existence-même de la Tribune est un gage de pluralisme de l'information économique aux côtés des Echos et du Figaro", a déclaré Aline Robert, présidente de la Société des Journalistes, lors d'une conférence de presse organisée au Sénat.

"Le pluralisme de l'existence de titres comme La Tribune ou France Soir est indispensable à la démocratie", a estimé la sénatrice Marie-Christine Blandin (Nord, LVEE) présidente de la Commission des Affaires culturelles et de la Communication. Il s'agit aussi de "maintenir dans ce pays une presse d'opinion", a renchérit sa collègue Brigitte Gonthier-Maurin (PC, Hauts-de-Seine).

Pour David Larbre, représentant du Syndicat National des Journalistes (SNJ), si La Tribune disparaissait, Les Echos seraient le seul titre économique "propriété de Bernard Arnault dont on connaît la proximité avec le gouvernement et le chef de l'Etat, ce serait la fin du pluralisme", a-t-il dit.

Pour Christian Lefranc de la CGT, "on risque de laisser à LVMH et à Dassault (propriétaire du Figaro) le soin de propager le discours économique du pouvoir". Cette conférence de presse se voulait "une alerte" sur la situation de La tribune, a souligné Mme Blandin. La Tribune, actuellement placée sous procédure de sauvegarde devrait être placée en redressement judicaire le 19 décembre.

D'ici là les candidats à une reprise, totale ou partielle, du titre peuvent déposer leurs offres auprès de l'administrateur judiciaire avant le 16 décembre à 12h00, a précisé Jean-Christophe Chanut, secrétaire du Comité d'entreprise. Le choix du repreneur interviendrait autour du 16-17 janvier, a-t-il estimé.

Une vingtaine de "manifestations d'intérêt" pour le titre se sont déjà déclarées, a-t-il dit, certains n'envisageant de le reprendre que pour en faire une version 100% numérique. A ce stade, "les supports numériques actuels ne peuvent financer une rédaction", a estimé Aline Robert, estimant que "ne pas faire de version papier, c'est faire mourir La Tribune".

La Tribune a une diffusion totale de 75.070 exemplaire et emploie 165 personnes dont 78 journalistes.

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