02/12/2011 18:29

La BD "Quai d'Orsay" va être adaptée au cinéma

La BD à succès "Quai d'Orsay" (Dargaud), plongée décapante dans l'hystérie d'un cabinet ministériel dont le dernier volet sort vendredi, va être adaptée au cinéma par Bertrand Tavernier, ce qui remplira d'aise le sémillant Alexandre Taillard de Vorms, héros de l'album. Le premier tome de "Quai d'Orsay, chroniques diplomatiques", sorti au printemps 2010, s'est vendu à quelque 120.000 exemplaires, selon l'éditeur.

C'est le réalisateur français Bertrand Tavernier qui adaptera "Quai d'Orsay" au cinéma. Les deux auteurs, le dessinateur Christophe Blain et le scénariste au pseudonyme d'Abel Lanzac, venu lui-même du Quai d'Orsay, signeront le scénario du film dont le financement est en cours, précise Dargaud.

Dans le tome 2, l'inoubliable ministre est emporté dans le tourbillon diplomatique précédant l'invasion de l'Irak, de Paris à la tribune de l'ONU à New York, en passant par... le Club Med.

Opposé à l'intervention américaine, le virevoltant Taillard de Vorms s'évertue à rallier à sa position les autres membres du Conseil de sécurité.

Epaules larges, allure altière, chevelure ondoyante, verbe épique et parole qui claque, le ministre est sur la brèche jour et nuit et rend fou son cabinet.

Impossible de ne pas retrouver en lui Dominique de Villepin qui fut en 2003 à l'ONU l'incarnation de l'opposition de la France à la guerre en Irak... Mais, dans la BD, côté coulisses déjantées.

"L'exercice du pouvoir procure l'effet d'une drogue dure", admet le scénariste, ancien collaborateur de Villepin et aujourd'hui inventeur de jeux de société.

Crédibilité

Les scènes truculentes se succèdent. On voit le ministre, en short et portable vissé à l'oreille, pérorer sur la politique internationale devant des touristes, martyriser son conseiller en "langages", Arthur Vlaminck...

Sous pression, son équipe rédige un communiqué sur la Corée du Nord à quatre pattes dans un couloir. Taillard de Vorms cite Démocrite en rentrant de son jogging quotidien, plus survolté que jamais. Il exige de son conseiller une "tribune, et pas une sauce qui coule entre les doigts" ou s'imagine soudain en réincarnation du Minotaure...

Les épisodes vachards s'enchaînent au fil des pages et de l'actualité internationale. "Seul un auteur qui a fréquenté les couloirs du Quai d'Orsay pouvait rendre avec autant de vérité son fonctionnement", analyse l'éditeur François Le Bescond, sans révéler l'identité de Lanzac.

Cette crédibilité, alliée au talent de Blain au dessin, est l'une des forces de l'album, même si dialogues et situations rocambolesques sont outrés.

"Les albums ont été élaborés dans une atmosphère de folie comparable à celle que nous décrivons", racontent les auteurs, cités par l'éditeur.

Après s'être consacré à "Quai d'Orsay" pendant deux ans, Christophe Blain doit enchaîner avec le 4e album de "Gus", avant d'autres aventures de "Isaac le Pirate", prix du meilleur album 2002 à Angoulême. 

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