09/11/2011 12:41

News of the World a fait suivre plus de 90 personnalités par un détective

Le défunt tabloïd News of the World a eu recours à un enquêteur privé pendant huit ans pour surveiller plus de 90 personnalités dont le prince William, selon des confidences du détective Derek Webb faites mardi à la télévision publique BBC.

Les révélations du détective, un ancien policier, interviennent alors que James Murdoch, fils de Rupert Murdoch et patron de News International, doit être de nouveau interrogé jeudi par les parlementaires britanniques qui enquêtent sur le scandale des écoutes téléphoniques.

Derek Webb a révélé à la BBC avoir été payé pour surveiller plus de 90 personnalités sélectionnées par la rédaction du journal pendant huit ans.

En 2006, le journal lui a demandé de suivre le prince William, alors que ce dernier passait quelques jours dans le comté du Gloucestershire, dans le sud-ouest de l'Angleterre.

Parmi ses cibles figuraient un ex-joueur de football et actuel présentateur de la BBC, Gary Lineker, ou encore les parents de l'acteur de Harry Potter, Daniel Radcliffe.

L'ex-policier dit avoir été contacté par le tabloïde peu après avoir mis sur pied son agence de détective en 2003 et avoir travaillé pour le News of the World jusqu'à sa fermeture en juillet, en plein scandale des écoutes téléphoniques.

"Je ne savais jamais quand j'allais être sollicité, ils appelaient jour et nuit... cela pouvait être n'importe où dans le pays", a-t-il dit à la BBC.

Parmi les personnes qu'il devait suivre pour le journal, 90% étaient des célébrités ou des personnalités politiques, mais il a également surveillé des avocats de victimes d'écoutes pratiquées par le tabloïde.

Derek Webb avait révélé lundi avoir filmé à son insu Mark Lewis, l'avocat de la famille de Milly Dowler, une adolescente assassinée en 2002 et dont le téléphone avait été piraté par l'ex-tabloïd. C'est la révélation de cette affaire qui avait précipité la fermeture du journal en juillet.

Le détective a conservé les documents détaillés où il notait le fruit de ses surveillances, auxquels la BBC a eu accès.

News International avait admis implicitement lundi la surveillance exercée sur les deux avocats, la jugeant "inappropriée" bien que "non illégale". Selon le groupe de médias, "cette action n'a été approuvée par aucun responsable actuel du groupe".

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