16/01/2009 12:30

Radio France/Temps de parole: la SDJ refuse les règles

L'intersyndicale de Radio France et la SDJ ont "invité" vendredi les journalistes des stations du groupe à "ne pas tenir compte" des règles sur le temps de parole des hommes politiques, que le CSA a récemment demandé de respecter, jugeant qu'elles "bafouent la déontologie".

"L'intersyndicale (CFDT, CFTC, SPC-CGC, SNJ, SNJ-CGT, SNJA-FO et Sud) des journalistes de Radio France, associée à la Société des journalistes (SDJ), invite les journalistes à ne pas tenir compte de cette directive", écrit-elle dans un communiqué.

Fin décembre, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a adressé aux radios un courrier leur demandant de lui communiquer le temps de parole des hommes politiques, en application de la "règle des trois tiers" qui date de 1986 mais n'a jamais été réellement appliquée.

Cette règle doit respecter l'équilibre suivant: un tiers pour le gouvernement, un tiers pour la majorité, un tiers pour l'opposition. Pour les syndicats de Radio France (France Inter, France Info, France Bleu, France Culture...), cette règle "bafoue la plus élémentaire déontologie, en institutionnalisant une gestion comptable des temps de parole".

"Aucune injonction, d'où qu'elle vienne, ne peut nous contraindre à bafouer le devoir d'équilibre qui s'impose à chacun d'entre nous", poursuivent-ils. Si les rédactions s'en tiennent à une "obligation d'équilibre", elles n'ont "jamais appliqué cette règle parce qu'elle est imbécile", a dit à l'AFP Hubert Huertas, du SNJ.

"La distinction entre le gouvernement et la majorité nous obligerait à un défilé permanent du gouvernement. Trente personnes à elles seules auraient autant de parole que toutes les personnes de l'opposition!", a-t-il commenté.

"Par exemple il n'y aurait eu, au regard de cette règle, aucun déséquilibre à faire parler Xavier Bertrand deux jours de suite, en tant que ministre du Travail puis en tant que secrétaire général de l'UMP", a-t-il expliqué.

Selon le responsable syndical, "cette règle contrevient totalement à notre obligation d'équilibre, alors que, déjà, le temps de parole présidentiel n'est pas comptabilisé par le CSA".

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Vos réactions

Portrait de claribelle
19/janvier/2009 - 15h01

Le pb c'est que la majorité fluctue et l'opposition aussi.
Un jour on interview "untel" (opposant socialiste connu) et on le décompte de l'opposition mais si quelques jours après il rentre au gouvernement (c'est très tendance !) basculera-t-on son temps de parole d'un tiers vers l'autre ?
Et si la majorité prenait l'eau et qu'une partie basculait dans l'opposition devrait-on reprendre les comptes à zéro ? depuis quand ?
Sans compter que Le Pen, Aubry, Besancenot dans le même tiers, c'est cocasse !
De toutes façons, il en est que l'on entend jamais ou presque, et c'est dommage, ils ont aussi des choses à dire...

Portrait de cecka
17/janvier/2009 - 00h19

Il me semble que de critiquer cette règle n'est pas un acte de gauche ou de droite mais simplement du bon sens.
"soyons précis" :
Personne n'oblige les journalistes à être de gauche que je sache, Je ne comprends pas ton raisonnement à ce propos d'ailleurs (avec tes 80% que tu sors de je ne sais où). Tu voudrais aussi réguler les écoles de journalisme avec des quotas liés aux convictions politiques? (la règle des 3 tiers te conviendrait peut-être là aussi?). On peut être de gauche (ou de droite) et essayer d'être objectif dans son métier de journaliste. Plutôt que de savoir s'ils sont de gauche ou de droite, c'est leur traitement de l'information qui me semble le + important non?
Plutôt que de traiter les gens de "gauchistes", intéresse-toi au fond du problème car tu es hors-sujet.

Portrait de daggoon
16/janvier/2009 - 18h35

soyonsprecis,
la question n'est pas de savoir si les journalistes sont à gauche ou pas... mais de donner équitablement la parole à la majorité et l'opposition pour que toutes les opinions puissent s'exprimer ! que le gouvernement soit à droite, et l'opposition à gauche ! ou que le gouvernement soit à gauche et l'opposition à droite. C'est tout !

Portrait de soyonsprecis
16/janvier/2009 - 18h14

Ce qui est bien avec les journalistes c'est que ces gens, qui ne sont élus par personne, se prennent pour un pouvoir à part entière. Je rappelle qu'on estime que les journalistes sont à plus de 80% de gauche, et que l'équilibre démocratique n'existe donc même pas dans leur propre corporation. Mais les gauchistes n'ont que faire de leurs propres contradictions, aveuglés par leurs certitudes ! :roll:

Portrait de dadouronron
16/janvier/2009 - 12h42

Et moi j'invite les médias à ne pas respecter les règles non plus, ne donnons plus la parole aux syndicats, après tout puisque lezur temps de parole à eux n'est pas comptabilisé, pourquoi leur en donner ?

Et puis après tout que plus personne ne respecte les lois, après tout moi j'aime pas les impots, j'aime pas mon voisin mais j'aime beaucoup trop ma voisine, j'aime pas les radars et j'aime les voitures rapides...

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