04/11/2011 09:52

Procès Michael Jackson: Le jury va délibérer

Le sort du Dr Murray, jugé pour la mort de Michael Jackson, est désormais entre les mains du jury, après un réquisitoire ayant qualifié "d'accablantes" les preuves de la culpabilité du médecin et une plaidoirie de la défense assurant qu'il payait "pour les actes" de la star. "Vous commencerez vos délibérations demain matin (vendredi), à votre convenance", a déclaré le juge Michael Pastor aux sept hommes et cinq femmes du jury, après six semaines de procès à la Cour supérieure de Los Angeles.

Le Dr Conrad Murray, un cardiologue de 58 ans, est poursuivi pour homicide involontaire et risque jusqu'à quatre ans de prison. Il est accusé d'avoir fait preuve de "négligence criminelle" dans les soins apportés à Michael Jackson, notamment dans l'administration du propofol, un puissant sédatif que le chanteur utilisait comme somnifère et qui a causé sa mort le 25 juin 2009, à l'âge de 50 ans.

Durant sa plaidoirie d'un peu plus d'une heure, l'avocat du médecin, Ed Chernoff, a affirmé que son client n'était pas poursuivi pour ce qu'il avait fait mais "pour les actes de Michael Jackson". Selon lui, le parquet a monté de toutes pièces la théorie selon laquelle le Dr Murray a mis le chanteur sous perfusion de propofol le matin de sa mort.

Pourquoi ? Parce qu'il fallait "trouver un responsable" à la mort de Michael Jackson. Et pour M. Chernoff, le seul responsable est le "roi de la pop" lui-même, "soumis à une pression considérable" avant les 50 concerts londoniens qui devaient marquer son grand retour sur scène à partir de juillet 2009.

La défense a plaidé pendant le procès que le chanteur s'était auto-injecté une dose mortelle de propofol pendant que son médecin avait le dos tourné. Le Dr Murray "pensait qu'il pourrait aider Michael Jackson, qu'il pourrait l'aider à le faire dormir. Il avait tort", a-t-il plaidé. Car le médecin n'avait pas le contrôle de la situation" a-t-il ajouté. Il n'était qu'un "petit poisson dans un grand étang aux eaux troubles".

"Pauvre Conrad Murray, tout le monde est contre lui!", a ironisé le procureur David Walgren dans sa réponse à l'avocat. "Michael Jackson est mort et il faut s'apitoyer sur le pauvre Conrad Murray...". Raillant le "complot" des témoins du parquet dénoncé quelques minutes plus tôt par M. Chernoff, le procureur, soudainement enflammé, a lancé que le plus surprenant dans cette affaire, était peut-être que "Michael Jackson ait pu vivre aussi longtemps en étant entre les mains de Conrad Murray".

Debout derrière son pupitre pendant tout son réquisitoire, le procureur ne s'est approché qu'à de rares reprises du jury, dont l'une pour rappeler que Paris s'était roulée en boule et avait crié "Papa!" en découvrant son père inerte dans sa chambre, pendant que Prince, "choqué", restait figé. "Un médecin a comme première obligation de ne pas nuire à son patient. Conrad Murray a violé ce serment de confiance jour après jour", a-t-il dit.

Selon le procureur, le chanteur et son docteur n'avaient pas une relation médecin-patient mais "employé-employeur. Et le service à rendre était de fournir du propofol" à la star, pour un salaire de 150.000 dollars par mois. A l'époque de sa mort, le chanteur avait "des projets, des attentes et des rêves, comme nous tous", a-t-il déclaré. Les actes du médecin n'ont peut-être pas été la seule cause du décès, mais "un facteur déterminant". "La justice exige un verdict de culpabilité", a-t-il conclu.

En sortant de la salle d'audience, le procureur a traversé le hall sous les applaudissements et les hourras des fans, qui venaient de former une haie d'honneur pour la famille Jackson. Katherine, la mère du chanteur, tout de noir vêtue, a serré plusieurs mains à de fans émus, sous les yeux de son mari Joe et de ses enfants Randy et La Toya. 

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