02/11/2011 09:59

Florence Arthaud, sauvée de la noyade: "Ce n'était pas mon jour"

Par Laure BRUMONT

Elle parle de "petits miracles": Florence Arthaud, tombée à la mer au large du Cap Corse ce week-end avant d'être secourue, est rentrée lundi soir chez elle à Marseille, seule à bord de son voilier, avec dans les bras son minuscule chaton, lui aussi rescapé.

"J'ai super envie d'une coupe de champagne, pour mon anniversaire", lance depuis son bateau la navigatrice, 54 ans depuis trois jours, aux proches venus l'accueillir à l'embarcadère sur le Vieux-Port, vers 19h00.

De l'expérience - une chute à la mer, en pleine nuit, alors qu'elle regagnait Marseille seule sur son voilier - elle confie avoir surtout retenu "que c'était pas (son) jour et que ce jour-là, il y a eu pas mal de petits miracles, de vrais miracles".

"Des miracles oui", répète-t-elle avec un sourire un peu las et les traits tirés, "parce que normalement, je ne devrais pas être là". Consciente de sa chance, elle serre fort dans ses bras chacun de ses amis, navigateurs comme elle.

Son chaton roux, Bill K - ainsi appelé parce c'est "le verlan de Kabylie, où je l'ai trouvé" - a déjà trouvé refuge dans les bras d'une proche. C'est pour lui, resté seul à bord après sa chute, qu'elle a tenu à récupérer le plus vite possible son bateau.

"Aujourd'hui (lundi, NDLR), je suis un peu fatiguée", mais "contente qu'on ait récupéré mon bateau", sourit-elle, avant de remercier "tous ceux qui ont participé à (lui) sauver la vie, tous ceux qui (l)'ont recueillie après".

Ainsi, montrant ses vêtements chauds, elle précise qu'il s'agit de ceux de la "femme du préfet" de Corse, chez qui elle est allée reprendre des forces dimanche matin après être sortie de l'hôpital de Bastia, où ils n'ont "même été foutus de (lui) filer des couvertures chauffantes", dit-t-elle.

Sur le ponton, alors que la nuit est tombée sur Marseille, elle revit ses quelques heures passées dans l'eau, son téléphone à bout de bras, tenu hors de l'eau tellement fort qu'elle en a encore des crampes.

"Je n'avais pas mes lunettes et donc je ne voyais rien, j'appuyais sur n'importe quelle touche, il a fallu que je compose mon code, tout ça, après avoir enlevé mes bottes et mon ciré", raconte-t-elle.

Puis le bateau, qui fonctionnait en pilotage automatique, "est parti vachement vite", lâche-t-elle. "Et là, j'ai prié d'abord pour que le téléphone marche, puis pour qu'il y ait quelqu'un qui soit réveillé à cette heure-là".

Après, "ce qui m'a sauvé, c'est que j'avais ma lampe frontale, sinon ils ne m'auraient jamais retrouvée", ajoute-t-elle, confiant avoir pensé qu'elle n'allait pas s'en sortir, avouant aussi avoir trouvé le temps "vachement long".

"Je ne voyais pas les hélicos arriver, je commençais par être à bout de souffle, je ne savais pas si j'allais tenir jusqu'au bout, j'ai nagé sur le dos avec le téléphone en l'air, en me guidant aux étoiles, pour me rapprocher de la côté, mais c'était juste histoire de, pour m'occuper", raconte-t-elle.

Puis "je les ai vus arriver, j'ai fait clignoter ma frontale et puis voilà...", conclut-elle, souriante, avant de trinquer avec ses amis dans les salons de la Société nautique de Marseille (SNM).

Quand on lui demande pourquoi elle a tenu à rentrer dès lundi à Marseille, au lieu de se reposer quelques jours en Corse, elle répond simplement, son chaton fermement accroché à son épaule: "Je voulais finir ce que j'avais commencé".

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Vos réactions

Portrait de bracife
2/novembre/2011 - 12h04

Mais réaliste ;-)

Portrait de La-mire
La-mire (non vérifié)
2/novembre/2011 - 12h00
JulesCesar a écrit :
Paie ta navigatrice en bois!!!!! Une femme qui veut "se soulager" sur un bateau le fait dans un seau! Alors là, aller faire ça par dessus le bord en pleine nuit il faut être complètement débile!!! Et le tout bien évidemment sans gilet auto-gonflant... Pitoyable! Je fais de la voile depuis 15 ans et j'ai du mal à comprendre...

Sur la seine ça bouge moins !! pas besoin de ligne de vie..;-)

Portrait de bracife
2/novembre/2011 - 11h31

Qu'elle ne portait pas les équipements de sécu obligatoire..OK. C'est habituel chez bon nombre de professionnel de la mer (Attention ! je ne dis pas que c'est bien, juste que c'est PRESQUE la norme).
Qu'elle ait décidé de se soulager à l'extérieur... admettons.

Mais ce qui me surprend c'est quand même la partie sur le téléphone mobile... Je me trompe peut être mais il me semble qu'il n'y a absolument pas besoin d'authentification par PIN (ni d'ailleurs d'abonnement) pour contacter les services d'urgence. Donc pourquoi tout ce cirque ?
A moins que son "état" ne lui ait pas permis d'avoir suffisamment de présence d'esprit pour simplement contacter les secours plutôt que sa mère.

Mais Ok avec tout le monde, l'essentiel c'est que tout se soit finalement bien passé

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