01/11/2011 17:05

La liberté d'expression doit s'exercer pleinement sur le web

Le ministre des Affaires étrangères William Hague a mis en garde mardi les pays tentés de restreindre la liberté des internautes et de les censurer, à l'ouverture d'une conférence internationale sur l'Internet à Londres.

Pour le chef de la diplomatie britannique, les droits de l'Homme, en particulier la liberté d'expression et la protection de la vie privée, "doivent s'exercer pleinement" sur Internet.

"Nous devons aspirer à un avenir où l'Internet ne sera pas étouffé par le contrôle des Etats et la censure, mais où l'innovation et la compétition prospèrent et où l'investissement et l'esprit d'initiative sont récompensés", a souligné M. Hague à l'adresse des représentants de plus de 60 pays, dont la Russie et la Chine, réunis pour 48 heures à Londres.

"Nous sommes opposés à l'idée que l'interruption par des gouvernements d'internet, des réseaux téléphoniques et des médias sociaux en cas de soulèvement dans un pays soit acceptable", a ajouté le ministre.

Les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, très prisés des manifestants, ont été l'un des vecteurs du "printemps arabe".

Pendant les troubles cet été au Royaume-Uni, les émeutiers avaient également fait un usage intensif de la messagerie cryptée des téléphones portables Blackberry, pour communiquer entre eux.

Un représentant de Google a souligné lors de cette conférence que les tentatives pour restreindre l'usage d'Internet n'étaient pas limitées aux régimes non-démocratiques.

La liberté d'expression est aussi "attaquée près de chez nous, ici en Europe", a affirmé William Echikson, assurant que pas moins de 60 pays exerçaient un contrôle sur internet.

"Le danger est vraiment là, maintenant, et menace des entreprises comme Google", a-t-il fait valoir.

Quelque 900 délégués sont rassemblés pour cette grand'messe du web, dont des représentants des principaux acteurs de l'Internet - Google, Facebook ou Microsoft - ainsi que des spécialistes de la cyber-sécurité et de la lutte contre la cyber-criminalité.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a dû en revanche annuler au dernier moment sa venue en raison de l'état de santé de sa mère.

L'ordre du jour est très large: de l'impact économique de l'internet à ses conséquences sociales, notamment son rôle dans les mouvements en faveur de la démocratie, en passant par la sécurité et la lutte contre la cyber-criminalité.

L'objectif est d'aboutir à un "code de bonne conduite", posant un certain nombre de principes, comme l'accès universel au web et la nécessité pour les gouvernements d'agir de manière "proportionnée", a expliqué M. Hague.

Le ministre a annoncé qu'une conférence de suivi devrait se tenir en Hongrie en 2012 et une autre en 2013 en Corée du Sud.

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