01/11/2011 09:47

France-Soir: Un plan de reprise chez l'administratrice judiciaire demain

Par Bertille OSSEY-WOISARD

Christiane Vulvert, l'ex-directrice générale de France-Soir, va déposer mercredi auprès de l'administratrice judiciaire Carole Martinez son projet de reprise du quotidien, qui prévoit le maintien de sa version papier, une proposition que la direction a d'ores et déjà refusée.

Mme Vulvert va également déposer mercredi son projet à la Direction générale des médias et des industries culturelles (ministère de la Culture), auprès des syndicats et de l'expert comptable de l'entreprise, mise sous sauvegarde depuis août. L'ex-directrice de France-Soir a rencontré vendredi les syndicats du quotidien, auxquels elle a présenté son plan de reprise.

Elle propose de maintenir la version papier, de supprimer 30 emplois sur 127 au total et de réduire la masse salariale à huit millions d'euros, contre douze millions actuellement. Elle prévoit d'investir 10 millions d'euros dans le journal, à condition que Alexander Pougachev, le patron de France-Soir, reprenne le passif du journal qui a une dette de trois millions d'euros et perd plus d'un million d'euros par mois.

La partie est loin d'être gagnée, puisque la direction de France-Soir, qui va avoir le dernier mot, refuse d'étudier l'offre de Mme Vulvert. Pour M. Pougachev, le journal n'est pas à vendre et il a besoin de 25 millions d'euros par an pour poursuivre son activité. Les syndicats considèrent que les déclarations de samedi relèvent plus d'un "jeu commercial" que d'un refus de vendre, puisque M. Pougachev "a déjà déclaré en comité d'entreprise qu'il cherchait un repreneur pour la société", a déclaré une source syndicale.

La direction a annoncé le 14 octobre vouloir abandonner la version papier dès décembre pour se limiter au seul web, déclenchant un tollé auprès des syndicats. Elle propose la suppression de 89 emplois, l'objectif étant de garder une rédaction internet de 32 journalistes.

La direction dit avoir "les moyens" de ce plan. Mais pour Stéphane Paturey, secrétaire du comité d'entreprise, "le quotidien risque de coûter à M. Pougachev plus cher s'il restait au sein du journal que s'il acceptait de revendre en reprenant le passif de France-Soir".

Depuis le rachat de France-Soir en 2009, l'homme d'affaires russe a investi plus de 60 millions d'euros. La CGT a invité lundi M. Pougachev à "étudier sérieusement" l'offre de reprise de Mme Vulvert. "Le seul avenir possible pour le titre s'inscrit dans un projet favorisant le développement complémentaire des supports papier et numérique", selon ce syndicat.

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Les plus vus