08/10/2011 13:43

La Commission européenne autorise l'achat de Skype par Microsoft

La Commission européenne a donné vendredi son feu vert à l'achat de Skype, pionnier de la téléphonie sur internet, par le géant américain des logiciels Microsoft.

Cet achat "n'entraverait pas de façon significative le jeu d'une concurrence effective dans l'Espace économique européen", explique la Commission dans un communiqué.

Elle relève que "dans le domaine des communications grand public, les activités des parties se chevauchent essentiellement sur le segment des communications vidéo, où Microsoft est présent avec Windows Live Messenger".

Cependant, "aucun problème de concurrence ne se pose sur ce marché en expansion, sur lequel sont actifs de nombreux fournisseurs, dont Google", souligne le gendarme européen de la concurrence.

La Commission note par ailleurs que Microsoft n'aurait pas intérêt à entraver l'utilisation de Skype par ses concurrents, car "il est essentiel pour Microsoft que Skype fonctionne sur le plus grand nombre de plates-formes possible afin de maintenir et d'accroître la valeur de la marque".

Skype est l'application gratuite la plus téléchargée aussi bien sur les téléphones d'Apple que sur les appareils fonctionnant sous le système d'exploitation Android de Google, deux grands rivaux de Microsoft, qui ont pourtant chacun des services concurrents (FaceTime pour Apple et Google Talk pour Google).

Sur le marché des entreprises, Skype est présent de façon limitée et n'est donc "pas en concurrence directe avec Lync, le produit de communications pour les entreprises de Microsoft", qui est en outre confronté à la concurrence d'autres grands acteurs du marché des communications pour les entreprises, comme Cisco.

La Commission ne voit pas non plus matière à s'alarmer du risque de vente groupée de Skype avec les produits Microsoft, expliquant que la grande majorité des consommateurs qui achètent un ordinateur sur lequel le logiciel est au prélable installé sont déjà des utilisateurs de Skype.

Au moment de l'annonce de l'achat de Skype le 10 mai dernier, Microsoft avait annoncé qu'il débourserait 8,5 milliards de dollars dans cette acquisition, par laquelle il souhaite renforcer sa présence sur internet face à Google et à Facebook.

Le patron de Microsoft, Steve Ballmer, s'était alors réjoui de s'offrir une des rares sociétés dont le nom est devenu un verbe : on dit qu'on "skype" comme on "google" une personne sur internet.

Il avait annoncé que Skype conserverait sa marque et qu'au lieu de se fondre dans une division existante de Microsoft, la société, dont le siège est au Luxembourg, garderait son indépendance.

Skype, fondé en 2003, compte environ 170 millions d'utilisateurs connectés par mois, qui ont passé plus de 207 milliards de minutes de communications vocales et vidéo en 2010.

Il a réalisé en 2010 un chiffre d'affaires de 860 millions de dollars, pour une perte nette de 6,9 millions de dollars. Il envisage désormais de diversifier ses revenus en intercalant des annonces publicitaires au milieu des conversations téléphoniques sur internet.

Brad Smith, directeur général adjoint de Microsoft, a salué dans un communiqué "un jalon important" après l'autorisation déjà accordée par les autorités américaines de la concurrence.

D'autres autorités doivent encore donner leur accord, a indiqué un porte-parole de Microsoft, citant notamment la Russie.

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