07/10/2011 09:41

Italie: Wikipédia rouvre après avoir fermé pour protester contre une loi

La version italienne du site Wikipédia, qui avait bloqué mercredi son accès pour protester contre un projet de loi contraignant les sites internet à rectifier tout contenu publié sur simple demande d'une personne qui se sentirait lésée, était de nouveau accessible jeudi.

"Des amendements ont été proposés à la loi, mais les modifications n'ont pas encore été approuvées de manière définitive. Nous ne savons pas, par conséquent, si l'approbation de la version originale est abandonnée, une approbation qui rendrait vain tout le travail de Wikipedia", annonce le site encyclopédique sur son site. Wikipedia a remercié également ceux qui ont soutenu son initiative.

Mercredi, le site avait affirmé que "l'obligation de publier parmi nos contenus les démentis prévus par la loi, sans pouvoir discuter sur le fond de ces démentis et sans possibilité d'une quelconque vérification, constituait pour Wikipédia une limitation inacceptable de sa propre liberté et indépendance".

Wikipédia avait donc bloqué l'accès au site en italien, laissant juste une page d'accueil à l'attention de ses utilisateurs pour expliquer sa décision. La loi préparée par le gouvernement de Silvio Berlusconi prévoit l'obligation pour tous les sites internet de publier, dans un délai de 48 heures et sans aucun commentaire, toute rectification qu'une quelconque personne peut demander contre un contenu qu'elle juge préjudiciable à son égard.

Cette norme est insérée dans un projet de loi dont l'objectif principal est de limiter la diffusion dans la presse d'écoutes téléphoniques ordonnées par la justice. Les affaires de moeurs impliquant Silvio Berlusconi font régulièrement la Une des journaux avec la publication de retranscription d'écoutes embarrassantes pour le Cavaliere qui tente par tous les moyens de les éviter. La dernière mouture du projet de loi sur la limitation des écoutes téléphoniques prévoit qu'elles ne peuvent être ordonnées que pour des délits pour lesquels la peine minimum est de cinq ans de prison.

Elles ne peuvent être autorisées que pour une durée de 75 jours, après quoi elles doivent être renouvelées tous les 15 jours. Les journalistes publiant des écoutes non-autorisées risquent une peine de prison d'un mois ferme ou une amende de 10.000 euros tandis que l'amende pour les éditeurs peut grimper jusqu'à 300.000 euros.

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