24/09/2011 19:54

Le rappeur Orelsan a refusé de "se laisser influencer" par la polémique pour son album

Par Bénédicte REY

 

Après la polémique qui a entouré le titre "Sale Pute", le rappeur Orelsan a voulu éviter le piège d'avoir à "s'expliquer ou à provoquer" sur le "Chant de Sirènes", son deuxième album en forme de chronique d'une époque désabusée.

Printemps 2009. Le rappeur natif d'Alençon vient de publier son premier album lorsque associations féministes et partis politiques s'offusquent des paroles tirées d'une de ses anciennes chansons, jugée violente à l'égard des femmes.

Orelsan s'excuse et se défend en expliquant qu'il s'agit d'une fiction parlant d'un homme trompé. Déprogrammé des Francofolies de La Rochelle, il se retrouve au centre d'un vaste débat sur la liberté d'expression.

Deux ans plus tard, Orelsan garde de cette polémique le souvenir de "la récupération" et de la "mauvaise foi" d'élus cherchant un prétexte à la baisse des subventions culturelles.

"Ca m'a fait de la mauvaise publicité, mais ça m'a aussi appris mon métier dans le sens où je sais mieux expliquer les choses. Je sais exactement ce que j'écris, pourquoi je l'ai écrit et je peux en discuter sans problème", dit-il à l'AFP.

"Le chant des sirènes" (3e bureau/Wagram), un des albums les plus marquants de la rentrée musicale, a été conçu dans la douleur.

"Mon premier album parlait de mes 15-25 ans. Il était très autobiographique, j'y parlais de mon adolescence, des rapports avec les parents, de l'entrée dans le marché du travail. J'avais des certitudes, c'était facile à écrire", explique-t-il.

"Pour le deuxième, le plus dur a été de trouver une ligne directrice, de savoir ce que j'allais raconter", ajoute-t-il, confiant que le résultat est plus "fictionnel" que son premier essai.

"Suicide social"

S'il évoque la polémique, Orelsan y dépeint surtout le quotidien d'un presque trentenaire en 2011: l'hésitation entre relation stable et aventures d'un soir, la solitude, le refus de la compétition, le sentiment d'échec...

Désabusés, passant du grave au léger, et teintés d'un humour acide, ses textes font écho à ceux d'un Stromae, chroniquant la façon dont cette génération perçoit le monde actuel et cherche à y trouver sa place.

Sur "La petite marchande de porte-clef" par exemple, Orelsan raconte l'histoire d'une immigrée chinoise. Son récit, tiré de reportages sur "le kidnapping d'enfants en Chine, le devenir des ouvriers des JO de Pékin et l'immigration chinoise à Paris", est tellement implacable qu'il devient difficile à écouter.

Certains textes peuvent choquer, comme "Suicide social", chanson d'adieu sur le mode "tous pourris", qui fustige la "France profonde, profondément stupide, cupide, putride, inutile".

La chanson "est une façon de dépeindre la négativité par une accumulation de clichés. Ce sont des choses qui peuvent passer par la tête de tout le monde à un moment ou à un autre, mais ce n'est évidemment pas ce que je pense", explique-t-il.

Un temps, Orelsan avait songé ajouter une strophe "donnant les clés de la compréhension de la chanson". Mais il s'est ravisé.

"La musique est un art et c'est bien que les gens puissent avoir leur propre interprétation", dit-il, ajoutant vouloir éviter de se "laisser influencer" par la crainte de nouvelles polémiques.

"Soit j'en ferais trop, soit je me retiendrais et ça ne m'intéresse pas. A un moment, il faut un point de vue tranché. Si on enlève ça au rap, il n'y a plus de rap, tout comme il n'y aurait plus de cinéma sans point de vue."

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Vos réactions

Portrait de Nantaise
25/septembre/2011 - 09h46

Je le connais pas c quoi ce pseudo rappeur IAM c était du rap engagé ça c juste un rigolo

Portrait de KarmaLevel1
25/septembre/2011 - 06h02

En tout cas en voilà ENCORE un qui dénonce le système mais qui en profite bien. Jules César disait : "Du Pain et des Jeux" et maintenant on dit "Du Pain, Des Jeux et des Chansons". Comme quoi le peuple agit souvent comme les moutons de Panurge.

Portrait de wAiXx
wAiXx (non vérifié)
24/septembre/2011 - 23h38
3oeil a écrit :
Autant recoPier le dossier de Presse dans son intégralité. Il y a deux ans, A 28 ans, "chanter" une "chanson" comme "sale Pute" c'est grave et cela Prouve une nouvelle fois, le manque de ... Tout de ces mecs, qui n'ont rien dans le cerveau , sont bourrés de Préjugés tout en dénonçant les Pseudos injustices dont ils sont victimes , chercher l'erreur ... Et en Plus il Part de son Art on croit rêver tout éveillé !

Personnellement j'ai beaucoup aimé la chanson "sale pute". Comme beaucoup d'autes. Simplement crié à l'horreur c'est plus simple.

Portrait de slug01
24/septembre/2011 - 22h00

le premier rappeur a utiliser la déformation electro de la voix car il chante faux ^^

Portrait de sephiroth54
24/septembre/2011 - 21h52

Orelsan je kiffe pas trop mais j'avoue que suicide social elle tue^^ Et pour tous les détracteur du rap oui ya du son de merde c vrai certain vont bcp trop loin dans leurs propos mais bcp dénonce des vérités qui déplaises il n'y qu'a écouté!!! Mais bon c sur pour certain au summum du stéréotype rap=racaille, noir,arabe... Évoluez les gens on est en 2011!!!!

Portrait de Micky88
24/septembre/2011 - 21h04

Un rappeur qui se serait fait censurer par Ségolène Royal aux Francofolies de La Rochelle par l'intermédiaire d'un chantage sur les subventions de la manifestation et dont elle se félicite de la déprogrammation, doit forcément avoir un côté sympathique... ;) Pour l'instant je cherche... mais je ne désespère pas de trouver même si je dois y laisser mes tympans !...

Portrait de PaulineJu
24/septembre/2011 - 20h28

Inconnu celui là. Ca serait pas de la pub que vous faite là ?

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