20/09/2011 13:37

Fréquentation et numérisation, les défis gagnants des salles de cinéma

Les salles de cinéma abordent la rentrée en forme et constatent, à l'occasion de leur congrès annuel à Lyon, qu'elles s'en tirent plutôt bien sur les fronts de la fréquentation et de la révolution numérique.

Selon la Fédération nationale des cinémas français (FNC, environ 1.500 exploitants), 55 % des quelque 5.250 écrans français, soit 3.100, sont désormais équipés en numérique, plus du double par rapport à l'an dernier (1.300), notamment grâce au soutien de l'Etat.

"Le dispositif a fait ses preuves", se félicite Jean Labé, président de la fédération: "pour les multiplexes, on approche les 100%, et on avance bien aussi pour les petites et moyennes salles, dont 300 environ (sur 1.000) ont pu basculer".

Une loi adoptée à l'automne 2010 impose au distributeur de reverser une partie des économies réalisées en passant des bobines de 35mm à la diffusion numérique; une enveloppe de 125 millions d'euros a en outre été débloquée en faveur des plus petits établissements (de 80.000 à 450.000 entrées par an).

Ce "VPF" (pour Virtual print fee, ou tarif par copie virtuelle) atteint 450 à 500 euros par film, reversés à la salle par le distributeur qui aurait dû, autrefois, tirer des copies des bobines et assumer les frais de transport, précise Jean Labé.

Ces bons résultats placent "la France en troisième position dans le monde derrière les Etats-Unis et la Chine et loin devant la moyenne européenne", relève Eric Garandeau, président du CNC, le Centre national du cinéma.

"C'est l'effet 3D et surtout le succès écrasant d'Avatar en 2009-2010, qui a conduit les salles à accélérer le mouvement. Mais pour assurer une fréquentation toujours en hausse, il faut à la fois produire de bons films et avoir de bonnes salles pour les projeter: les deux sont indissociables", insiste-t-il.

"Sans aide publique, les petites salles ne tenaient pas. Or là où les gouvernements n'ont pas fait cet effort, la production s'est effondrée", poursuit M. Garandeau. En Europe, la Grande-Bretagne, l'Espagne ou l'Italie ont déjà commencé à en faire les frais.

Par ailleurs, de petites salles qui resteraient au format 35 mm et aux vieilles bobines se verraient, de fait, écartées de la distribution des gros films, surtout les blockbusters américains qui remplissent leurs fauteuils.

En un an, 33 millions d'euros ont été dépensés sur les 125 disponibles, précise le président du CNC. Les exploitants ont également pu compter sur les aides régionales, qui ont permis par exemple à la Bretagne et à l'Aquitaine de se placer en tête des salles passées au numérique.

Et la fréquentation suit: 2010 avait été l'année du record avec 206,7 millions d'entrées (inégalé depuis 1967). 2011 n'atteindra peut-être pas ce sommet, avec 135 millions d'entrées à ce jour depuis le 1er janvier.

Le printemps très ensoleillé n'a guère souri aux salles obscures, mais l'été a rattrapé le retard avec de grosses sorties américaines.

"Et on attend encore beaucoup de très bons films sur le papier, comme The Artist et Polisse côté français ou le Tintin de Spielberg", reprend Jean Labé.

Alors, heureux ? Les membres de la fédération réunis de mardi à jeudi à Lyon ne manqueront pas d'adresser leurs doléances aux représentants de l'Etat, attendus mercredi.

"En dépit des aides, les investissements dans le numérique restent coûteux pour un potentiel de rentabilité toujours aléatoire", remarque Jean Labé. "Beaucoup de salles de cinéma restent sur le fil du rasoir", parfois aussi en raison du renchérissement des loyers urbains.

Mais les exploitants ne manqueront pas de célébrer le 7e Art et accueilleront mercredi soir, pour leur soirée de gala, Roman Polanski auquel ils rendront hommage.

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Vos réactions

Portrait de phil38
21/septembre/2011 - 11h53
cineberry a écrit :
La conversion des salles françaises au numérique semble en bonne voie. Je regrette cependant le grain si particulier du 35 mm à l'écran : les images numériques sont trop lisses, trop "belles"... En revanche, la qualité de projection est constante : finies les vieilles bobines pleines de griffures !


Quand le film diffusé est tourné en numérique HD, effectivement les images sont froides et lisses. Quand le film est tourné en DV("la guerre est déclarée par ex), c'est abominable mais c'était déjà le cas en projection argentique. Par contre quand le film est tourné en 35mm(et il y en a encore beaucoup), on retrouve le grain originel.....et bien sur sans rayures et autres salissures!

Portrait de cineberry
20/septembre/2011 - 18h34

La conversion des salles françaises au numérique semble en bonne voie. Je regrette cependant le grain si particulier du 35 mm à l'écran : les images numériques sont trop lisses, trop "belles"...
En revanche, la qualité de projection est constante : finies les vieilles bobines pleines de griffures !

Portrait de DesignTouch
DesignTouch (non vérifié)
20/septembre/2011 - 15h53

Merci le dernier Harry Potter hein :P ! Pour la rentrée il va y avoir Twilight - Révélation P1 (La première partie du dernier chapitre) en Novembre, ça va être la foule comme Harry Potter donc ils n'ont pas trop de soucis a se faire.

Portrait de Nantaise
20/septembre/2011 - 14h59

Si il y a tant de succès dans les cinema il faudrait baisser les tarifs Ca ferai venir encore plus de monde et les sucreries la grosse anarque 2 euros un coca faut pas abuze

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