05/09/2011 13:10

Pour Shirley MacLaine, la technologie nuit au cinéma et à l'échange

L'Américaine Shirley MacLaine, qui a joué notamment pour Hitchcock et Billy Wilder, a estimé dimanche au Festival de Deauville que la technologie était en train d'appauvrir le cinéma, et a regretté la disparition à Hollywood des films "qui éveillent la conscience".

"Le cinéma hollywoodien n'est plus qu'une affaire de marketing. Je crois que l'époque des histoires audacieuses, qui vous faisaient réfléchir, qui apportaient un peu de fraîcheur, est vraiment révolue. Il s'agit seulement d'utiliser le dernier outil technologique", a regretté la pétillante actrice de 77 ans.

"J'en ai marre d'aller m'asseoir dans une salle pour voir quel est le dernier objet qui va me sauter à la figure avec la 3D. L'âge d'or du cinéma était celui des histoires qui éveillaient la conscience des spectateurs. On n'est plus là dedans", a-t-elle dit.

Car, a estimé l'actrice qui a incarné la Jennifer de "Mais qui a tué Harry?" d'Alfred Hitchcock ou encore Irma la Douce dans le film du même nom de Wilder, "les grandes entreprises ont la mainmise totale sur Hollywood".

"La technologie est en train de pervertir la communication émotionnelle", a répondu Shirley MacLaine à un journaliste qui lui demandait si elle pensait que la technologie appauvrissait le cinéma et pouvait expliquer une crise mondiale des scénarios.

"On perd les réactions suscitées par la voix, ce qu'est une intonation qui dénote une humeur ou une intention. On ne sait plus ce que sont ces silences entre les mots", a-t-elle dit.

"Ca ressemble presque à une démarche intentionnelle pour maintenir les gens à l'écart les uns des autres", a encore estimé la mère de "Ma sorcière bien aimée". "Au prétexte de rendre les relations plus rapides, on les rend plus vides".

Interrogée sur la dernière chose qui l'avait mise en colère et ce qu'elle pensait de l'affaire DSK, Shirley MacLaine a répondu sans plus de commentaire: "C'est précisément le dernier sujet qui m'a mise en colère".

Shirley MacLaine fait l'objet d'un hommage de la 37e édition du Festival du cinéma américain de Deauville, qui projette six de ses films.

Le festival, dont l'invité d'honneur est le réalisateur américain Francis Ford Coppola, s'achève le 11 septembre.

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Vos réactions

Portrait de Spamnco
5/septembre/2011 - 15h08

Sur la qualité des productions Hollywoodiennes, elle a raison et personne de sensé n'ira dire le contraire.

Sur les raisons, je suis beaucoup plus perplexe. On ne peut passer sous silence par exemple les cachets exorbitants de certains acteurs qui représentent souvent plus de 50% du budget. La promo coûte également très cher et cette surenchère implique qu'un film fait à Hollywood, avant même d'avoir une ligne de scénario écrite coûte généralement plus de 60 millions de dollars !
Le reste passe dans les effets spéciaux (qui coûtent proportionnellement moins cher qu'il y a 20 ans n'en déplaisent à certains) et en fin de course dans l'écriture et la technique.

Pas étonnant dès lors que peu de risques soient pris et que les suites et "préquelles" soient privilégiées (jusqu'à l'absurdité avec le dernier Spiderman, remake d'un film qui n'a même pas 10 ans) !

Portrait de becker
5/septembre/2011 - 14h20

@eliote : perso la 3D actuellement je la trouve inutile, on te fait payer + cher pour 2 scénes de merde en 3D, ouah, mais c'est génial dis donc ._.

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