17/08/2011 18:47

GB/écoutes : L'ex-chef de Scotland Yard disculpé, mais l'enquête continue

L'ex-patron de Scotland Yard Paul Stephenson, contraint de démissionner en juillet dans le scandale des écoutes, a été innocenté, mais un de ses adjoints, John Yates, va faire l'objet d'une enquête séparée, a annoncé mercredi la Commission de contrôle de la police britannique.

 

L'Independent Police Complaints Commission (IPCC) avait été saisie en juillet sur les relations de plusieurs hauts responsables de Scotland Yard avec le groupe de presse Murdoch et leur rôle dans l'enquête sur les écoutes téléphoniques au News of the World, le journal dominical à scandales de l'empire Murdoch. Mercredi, l'IPCC a estimé qu'il n'y avait pas de preuves de conduite répréhensible de la part de Paul Stephenson, bien qu'il soit par principe responsable de ses subordonnés, dont John Yates, qui a pris en 2009 la "mauvaise décision" de ne pas rouvrir l'enquête sur les écoutes, en dépit de nouvelles révélations sur l'ampleur de cette pratique.

 

Les conclusions de cette enquête indépendante sont "celles que j'attendais", a réagi Paul Stephenson, regrettant toutefois que "des ressources aient été dépensées au sujet de cette affaire". Paul Stephenson et John Yates, chef de l'antiterrorisme, avaient démissionné en juillet après la révélation de l'embauche en 2009 par Scotland Yard d'un ancien rédacteur en chef adjoint du News of the World, Neil Wallis, en tant que consultant en relations publiques.

 

Les deux hommes ont vigoureusement nié avoir eu connaissance d'une quelconque implication de Neil Wallis dans le piratage de messageries. Neil Wallis est resté onze mois conseiller à Scotland Yard, à partir de 2009, au moment même où John Yates jugeait inutile de rouvrir l'enquête bâclée en 2006. Cette "mauvaise décision" n'est toutefois pas considérée comme une faute par la commission.

 

En revanche, l'IPCC a décidé de mener une enquête spécifique sur les conditions dans lesquelles la fille de Neil Wallis, Amis, a été embauchée par Scotland Yard, à la suite d'un coup de pouce de John Yates. L'IPCC continue d'enquêter dans trois directions : l'embauche de Neil Wallis, celle de sa fille, et sur des allégations de corruption de fonctionnaires, des policiers étant soupçonnés d'avoir fourni à News of the World des informations en échange de sommes d'argent. Mercredi, John Yates a "fermement nié tout méfait" et s'est dit "absolument confiant" quant au fait qu'il serait "disculpé".

 

L'affaire des écoutes, en décapitant la direction de Scotland Yard et en faisant peser le soupçon de la présence de policiers véreux, a profondément déstabilisé l'institution, qui a ensuite été épinglée pour la lenteur avec laquelle elle a réagi pendant les émeutes qui ont secoué la Grande-Bretagne début août. La ministre de l'Intérieur, Theresa May, a précisé mardi que le futur chef de Scotland Yard serait un Britannique, mettant fin aux rumeurs d'une possible nomination d'un "super-flic" américain, Bill Bratton, ancien chef de la police de New York.

 

Les candidatures devaient être déposées d'ici à mercredi. Le nouveau chef de Scotland Yard aura la difficile tâche de réformer l'institution, fragilisée par les émeutes et confrontée à des économies de l'ordre de 20% sur quatre ans imposées par le gouvernement, tout en faisant face au défi des jeux Olympiques de l'été 2012 dans la capitale.

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